OBSERVATION IV
(id.)
P.F.., dix-huit ans, charcutier, est brûlé à la main par un jet de vapeur d'eau ; la plaie au 2° degré, fort sale, suppurée et douloureuse, occupe le poignet, le dos de la main et les trois doigts du milieu. EU
L'épiderme flétri est enlevé ; irrigation à l'eau salée ; savonnage de la plaie, puis tamponnement à l'alcool. Pansement au sérum sans imperméable. Pansement quotidien.
Deux jours après, la plaie a complètement changé de caractère et le huitième jour la. main est complètement ;
guérie. à
Dans ces trois observations on remarque également avec quelle rapidité le pansement au sérum permet d'obtenir une bonne détersion de la brûlure. Ceci est . du certainement autant à l’innocuité du sérum pour la surface si délicate des brûlures qu'aux bonnes
qualités absorbantes du pansement fait sans imperméable. Remarquons aussi Ze pouvoir analgésique du pansement au sérum, pouvoir très réel que nous avons eu l’occasion de remarquer souvent notamment pour les panaris (voir observation x). À quoi est-il dû ?
Probablement à une doublé cause : l’isotonie du pansement, d’où il résulte une absence complète d’irritation pour la plaie, et par suite une absence de douleur. Le pouvoir absorbant au pansement qui, par l'élimination des déchets qu’il réalise continuellement, contribue à diminuer de plus en plus l’état de septicité de la plaie. Or on est assez d'accord aujourd’hui à considérer que l’état de septicité d’une plaie, qu’il se manifeste ou non d’ailleurs par de la suppuration, joue un grand rôle dans la pathogénie de la douleur.
Nombreux sont les chirurgiens qui emploient le sérum pour les brûlures. À Paris notamment, il n’est pour ainsi dire pas de chirurgiens qui ne l’aient expérimenté dans les hopitaux, à tel point qu’il devient inutile de les citer. Tous se sont montrés satisfaits des résultats.
Voici maintenant, au hasard, des citations d'auteurs étrangers, que nous traduisons aussi littéralement que possible. Tous recommandent les grandes irrigations de sérum dans les brûlures :
« Sije crains la suppuration, j'emploie la pulvérisation
de peroxyde d'hydrogène (!), lave avec la solution normale
(1) Eau oxygénée.
E Ne 1 Mo de sel, enlève autant d'escharre que possible et applique
une gaze stérile que je fixe avec un bandage stérile. »
(Allan W. Urmson. M. D. — Thérapeutic Gazette. Détroit 1907 ; p. 376.) | « Autant que possible le tissu nécrosé est énlevé avec des ciseaux et des pinces. La partie brûlée est nettoyée aussi complètement que possible par l’usage copieux de solution
saline normale. »
(Jhon Egerton Cannaday : Treatment of burns at spheltering arms Hospital, Hamford W. W. A. — Thérapeutic Gazette, Détroit 1907).
« Lavez la partie brülée avec une solution antiseptique chaude, ou mieux avec une solution normale de sel. Cette dernière est physiologique dans son action et ne détruit
pas les cellules de la partie. »
| (Moray. — Virginica Medical Monthly of 22 March 1907.)
Pour conclure ce petit exposé sur les brûlures, nous disons que le chirurgien doit, avant de songer à l'emploi d’une substance Kératoplastique, quelconque, traiter d’abord une brûlure comme n'importe quelle autre plaie infectée. Il doit même la traiter avec plus de soins car une brûlure s’infecte avec une extrême facilité et est très délicate et très longue dans sa réparation. Raison de plus pour donner la préférence à un pansement innoffensif comme le pansement au sérum.
Quand la plaie, par ce traitement, sera devenue