‹ Essai sur le Pansement au Sérum ArtificielChapitre 39 sur 45 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Recueillie par M. Mouchotte, interne dans le service

de M. le professeur Terrier (THÈSE DE GOTTSCHALXK)

Phlegmon diffus du pied et de la jambe

Guérison

Foug Jean, fumiste, 44 ans. L'aftection a débuté le 30 novembre 1900 par une excoriation au niveau d’un durillon siégeant sur le deuxième orteil. Cet orteil s'en-

flamme, devient douloureux, puis l'inflammation se calme

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après quelques jours de repos; mais le malade s'étant remis à marcher, les, accidents reprennent cinq ou Six jours plus tard et l’inflammation gagne le coup de pied et la jambe. re

Le 13 décembre, il entre à l'hôpital de la Pitié où il est reçu salle Michon n°. 7. À ce moment, tout le pied et la jambe sont très douloureux et présentent un œdème luisant considérable, remontant jusqu'au genou. Température 38°2, urines normales, ni sucre, ni albumine. Le lendemain, M. Mouchotte lui fait, sous chloroforme, l’excision du durillon suivie d’une incision sur toute la lon-

gueur de l'orteil, d’une deuxième, très profonde sur toute

la longueur du dos du pied, au’niveau du premier espace interosseux, et d’une troisième incision, également profonde à la face antérieure de la jambe, au-dessous du ligament annulaire, longue d'environ 10 cent.

La première incision seule donne du pus, la seconde ne laisse écouler que de la sérosité citrine et la troisième du sang pur.

Pansement à l'eau oxygénée. Le lendemain, la fièvre étant tombée, on fait un lavage et un pansement au sérum que l'on renouvelle dès lors tous les jours d’abord puis tous les deux ou trois jours jusqu’au 22 janvier, date où le malade sort, complètement guéri sans que la température

ait jamais dépassé la normale.

OBSERVATION VI (id)

Phlegmon de la main et de l'avant-bras Guérison

Monta Jules, jardinier, 37 ans, se blesse la main le 40

Lo e

décembre 1900, en tombant sur une cloche à melon. Il applique lui-même un pansement sommaire. Le lendemain le bras est violemment enflé, douloureux, il se fait panser par un médecin (pansements antiseptiques humides avec tafletas gommé, probablement au sublimé).

L'état local s'aggravant, il se décide à entrer à l'hôpital de la Pitié où il est admis salle Michon n°37, le 18 décembre.

Il présente à ce moment un gonflement considérable du’ membre, remontant jusqu'au coude et de la lymphangite

troncuiaire du bras.

\ Immédiatement, M. Mouchotte pratique trois incisions :

une première sur l'éminence thénar, sur toute sa longueur, une deuxième de 8 à 10 centimètres de longueur au niveau de la gouttière radiale, et une troisième dans la partie supérieure de l’avant-bras, sur le long supinateur.

La première incision seule donne issue à du pus, les deux autres ne laissent écouler que de la sérosité et du sang. Etat général infectieux. Température à l'entrée 37°7. Urines normales, pas de sucre ni albumine. Lavages et pansements tous les jours à l’eau oxygénée.

L'œdème persistant malgré tout au niveau du dos de la main, on est obligé de refaire une nouvelle incision à cet endroit le 28 décembre. On continue encore pendant quelques jours l'usage de l'eau oxygénée, puis on lui substitue le sérum artificiel. Le malade sort entièrement guéri le 8

anvier, soit 20 jours de traitement.

« Un fait intéressant à noter dans cette observation, c’est que la température qui, pendant les premiers jours, était toujours au-dessus de 3%, est revenue

ose

brusquement à la normale le 28 décembre, date à laquelle on à cessé de faire usage de l’eau oxygénée

pour employer le sérum. »

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