CHAPITRE IX
chevaline. Le maire perspicace ajoute que le château appartenant à un particulier, loin d'être profitable et d'un revenu certain à celui-ci, ne lui oflre qu'un bien onéreux et de peu de rapport ; il a la certitude que le particulier en question consentirait à la vente, à un prix très modéré. En un mot, pour 50 000 livres le Gouvernement pourrait s'en rendre acquéreur, ainsi que des accessoires nécessaires à rétablissement proposé. La location pourrait être de 3 000 livres.
Le citoyen maire était quelque peu trop affîrmatif. Il ne soupçonnait pas évidemment que Janzé couvrait le duc de Rohan, resté en réalité le véritable propriétaire, malgré l'acte de vente qui avait fait passer tous les biens de la famille de Rohan à une main étrangère, et que le château de leurs ancêtres tenait à cœur, plus que tout, aux Rohan.
Louis-Antoine-Auguste de Rohan, après la mort de son cousin Louis-Marie, duc de Rohan (1791) (1), avait, par suite de l'acte de substitution de 1708, hérité de tous les titres et biens que comportait cette transmission (Duché de Rohan, Principauté de Léon, Marquisat de Blain, Comté de Porhoët)(2).
(1) Tous deux étaient petits-enfants de Louis I«r de Rohan-Chabot, duc de Rohan.
(2) Avant cet héritage, il n'avait personnellement que la terre de Kerguenneck (Kerguehennec, en Bignan).
224 ESSAI SUR LE POHHOlJT. J
Nous n'avons pas à n^cherclioi* les causes (lét(;rniinantes de la catastrophe financière à laquelle Auguste (le llolian l'ut amené, qu'il nous suffise de savoir que l'héritier des Rohan-PorhoGt, tout au commencement du xix" siècle, se trouva dans une situation très critique. Après avoir loué d'abord la totalité de ses biens (1800), moyennant une redevance annuelle, à M. Henri Janzé, déjà son locataire pour les forges de Lanouée(l), il sévit dans l'obligation de chercher acquéreur. M. Janzé ayant proposé à M. de Rohan un prix supérieur aux offres que celui-ci avait reçues jusqu'alors, le contrat de vente fut signé le 2o août 1802.
Dans cet acte passé à Paris, par-devant Péan de Saint-Gilles notaire, et enregistré au bureau du Luxembourg, le 16 fructidor an X, figuré au chapitre 3 de la vente (2), la u Terre de Porhoët », composée des immeubles ci-après : « Un château, cour, jardins et dépendances, commune deJosselin;
(1) C'est pourquoi, dans une requête adressée au maire de Josseliu, Henri .Tanzé dit qu'avant l'acquisition (11 vendémiaire an XI) du château, il en était « fermier général » aux fins du bail., . etc.
(2) La vente comportait les chapitres suivants : Terre de Kergueuneck, Terres de Pontivy et dépendances, Terre de Porhoet, Domaine ci-devant principauté de Léon, Terre de Blain (comprenant Plessé et Fresnay), Forges des Salles, Forêt de Quénécan, Forêt et Forges de Lanouée, Forêt de Loudéac et terrains en dépendant, Forêt de Branguilly, Bois des Débats. Le tout était obtenu moyennant le prix de 1 461 7281» équivalents à 1 480000 livres tournois.