CHAPITRE IX
les halles dudit lieu et le four, un moulin à fouler le drap, même situation et en très mauvais état. Les prés de Penfrat, commune de Mohon, même département ». La forêt et les forces de Lanouée étaient rol)jet d'un chapitre spécial. Bâtiments des forges, maisons d'habitation, fours, magasins, formaient un tout important et la forêt elle-même contenait 7 192 arpents (1) (3600 hectares). C'était là tout ce qui restait en propriété aux Rohan de leur Comté de Porhoët, après la Révolution.
Bien que la vente ne fasse mention d'aucune restriction, le jour même, ce contrat fut suivi d'une contre-lettre, portant promesse de rétrocession en faveur du prince de Léon, fils du duc de Rohan, « de quelques châteaux, halles et prisons, biens d'un médiocre revenu, mais que les Rohan tenaient à conserver, comme se rattachant à leur position d'anciens seigneurs ». M. Janzé (2) consentait en même temps, à garder ces biens sous son nom et à les administrer comme siens, jusqu'au jour où le prince de Léon, qui avait émigré, voudrait et pourrait en reprendre ostensiblement la propriété. Il les conserva pendant douze ans, jusqu'au
(1) 7 192 arpents, dont 1192 de terres vagues, 5812 de terres cultivables, etc.
(2) Le même, M. Louis-Henri Janzé, fut anobli quelques années plus tard; créé baron par Napoléon I«% puis comte par Charles X.
226 ESSAI SUH LE POHHOlÔT.
22 novembre; 181 i, époque à laquelle une vente fictive peiniit au prince de Léon, Alexandie-Louis- Auguste, de les reprendre sous son liojii. Les châteaux de Pontivy et de Josselin i"un;nt ainsi sauvés du naufrage.
De leurs immenses possessions en Bretagne, il ne resta donc alors aux Uohan que ces deux briljes, qui n'étaient hélas! que le souvenir des grandeurs du passé.
Après ces revers, le prince de Léon, devenu duc de Rohan, ne se trouva sans doute pas le goût de vivre en Bretagne, car il établit sa résidence à Paris (1). Le château de Josselin restait donc livré à la solitude et à l'abandon, quand une intervention presque providentielle vint, dans les dernières années de la Restauration, le sauver peut-être de la destruction irrémédiable. Yoici comment M. Baille, dans son ouvrage « Le Cardinal de Rohan », retrace l'épisode du passage de la duchesse de Berry à Josselin : « La duchesse de Berry, qui faisait une tournée en Bretagne pour l'instruction de sa fille Louise, arriva â Ploërmel et demanda s'il n'y avait pas dans la région quelques monuments curieux à visiter. On lui cita le château de Josselin, qui appartenait au duc de
(1) A partir de 1815, il y fut retenu, par sa charge de premier gentilhomme de la chambre.