‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 109 sur 113 · DÉTENUS DU DISTRICT · texte numérisé non relu

DÉTENUS DU DISTRICT

Di<: Vannes.

Détb:nus DU district

[Envoyés le 41 Floréal, an II).

DE PlOËRMEL.

du Bot de Villeneuve, femme du Bot de Villeneuve.

femme le Blanc.

[Arrêtés le 8 floréal an envoyés à Josselin, à cette

11, et ; date).

de Robien.

fille Bec de Lièvre (de Becdelièvre).

Du Bois, père (1).

femme Quelo.

id. mère.

une fille le Blanc.

id. fils aîné.

une fille le Blanc.

id. fils cadet.

une fille le Blanc.

id. fille aînée.

femme Desgré (des Grées) .

id. fille cadette.

une fille Sénan.

la fille Tranchant.

une fille Sénan.

Forcan père (de Forsanz).

Dondel.

Forcan mère.

La veuve Boutoulic.

La Haye, fille.

une fille Boutoulic.

Courson (de?).

une fille Boutoulic.

Perret.

une fille Boutoulic.

Chaignard.

veuve la Bédoliaire (de la

Keronant.

Bedoyère) (3).

Le Blaye.

veuve du Coidic (du Coué-

Theval.

dic).

Duchene.

veuve Lesquein (de Les-

Billy, père.

quen).

Billy, mère.

veuve Kermoisan (de Ker-

Au total 19

moisan).

fille Kermoisan — sa sœur

restée malade à Vannes.

(1) On trouve dubois et du Bois.

(2) Sur une autre liste figurent : Furard, La Jossin.

(3) Elle signe : Francheville la Bedoyère.

PIÈGES JUSTIFICATIVES

Jeanne Lescly.

une fille Lescly.

une fille Lescly.

une fille Lescly.

Desgré de Loup (des Grées

du Loup), fille Desgre de Loup, fille Desgré de Loup — une

autre sœur restée malade

à Vannes, femme Boquizel (ailleurs

Bocozel) (1).

Duplesi Grénédan (du Piessis de Grénédan).

femme Grénédan.

femme Gouyon (de Gouyon

de Goipel) (2).

une fille Gouyon.

une fille Gouyon.

une fille Gouyon.

femme Kerdeval (ailleurs

Kerdiaval).

Malville.

femme Dupourpris (du Poul-

pry).

Jorgelin.

fille d'Elisse (ailleurs Delys).

femme Charpentier.

Charpentier Lesnevau (ailleurs, Lesnevaux).

Charpentier Kerhonic (ailleurs, Queronic).

femme Forçan (de Forsanz).

femme du Breton.

femme Mal ville.

fille du Bot.

fille Bolcouart.

fille de Forges (des Forges de la Gaudinais).

une fille Grénédan (du P. de Grénédan).

Au total 51 (3) »

Le 26 Floréal (16 mai), c'est-à-dire quinze jours après la première fournée, Prieur de la Marne fit de nouveau partir pour Josselin, transformé en dépôt central, un convoi, fort cette fois de 41 prêtres et 54 autres prisonniers. Les noms suivent :

Prêtres.

« Charles Thomas.

Louis Guyomard,

Augustin Foulon.

Jacques François le Dridon

(ailleurs Cedridon).

Guillaume Godart.

(1) Elle signe : le Gouvello Bocozet.

(2) Elle signe : Foucher Gouyon.

(3) Ailleurs sur cette même liste on trouve encore Coucdic.

deux filles du

Jean leDagot(a. Gedagaud).

Vincent Louis Launay.

Magnetle.

Guyomard Lazariste.

Jean le Kaire (aiL le Claire).

Froger.

Torin.

Faut.

Breton.

Guillaume.

Darty.

Erdeven.

Le Joubioux.

Jean Menée (ail. Mennec).

Le Verger.

Jiquello.

Ghauvet.

Jean.

André Bonable.

Thomas.

Pierre Dero.

Le Maigre.

Joseph Roland.

Jacques Teissand (ailleurs,

Telland).

Michel Robin.

Etienne Couespel.

Le Prince.

Lamour.

Jean-François Pucelle.

Gombant.

Ropert.

Louis Philippe.

Hellard.

Maurice Robic.

Bonable.

Guyomard Prerre.

Autres prisonniers.

Baudoux.

Bosseray (ailleurs Gosseret).

Vilandre.

Gascouin.

Bigarré.

La Glosmadeux (Julie de

Glosmadeuc).

Rivaland.

Guyot.

Ledos. Sebilot.

femme Herbet.

Maillard.

Girard.

Goysit et sa femme : 2.

Brenugat.

Duraquet (du Raquet).

Gouestan.

Lantelier.

Les trois Monnier filles : 3.

V^e Lebard et son fils : 2.

Kervaille (ailleurs Kervait).

Fernardaverat.

femme Monnier.

femme Ducordit.

V^e la Ghasse (1) et sa fille

(de la Ghasse ?) : 2.

(1) Elle signe : Legris, V^e la Chasse.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

fille du Roy.

V^e Kermoisan et sa fille (de

Kermoisan) : 2.

fille Coquerel.

La Borde (ailleurs Laborde).

Robin.

Perrière et sa sœur (de la

Perrière ?) : 2. Y^* Rouzic.

Kerveno (de Kerveno).

V^e la Rive et cinq filles (de

la Rive ?) : 6.

femme Bily (1) et son fils : 2.

Oillic, apoticaire.

Robert, libraire, fille Autier.

Paulard et sa fille (Polar) : 2.

fille Michel. »

Le lecteur remarquera parmi ces victimes du terrorisme la proportion extraordinaire des femmes et des enfants, la plupart jeunes filles; les hommes trop souvent n'étaient que vieillards, infirmes ou malades (2).

(1) Signé : femme de Bily.

(2) Çà et là, au bas de protestations et au cours de rapports, on relève encore d'autres noms : Orieulx, Josse, Langourla aîné, femme Couisson, Harcouet et beau-frère, Boulainvilliers, Voyer de la Salle, Vve ViJlegouan et 3 filles, etc.

IT

L'Abbaye de Lantenac.

(La Perrière, près la Chèze.)

L'abbaye de Lantenac, de l'Ordre de Saint-Benoit, fut fondée en l'honneur de Notre-Dame et de tous les Saints par Eudon II, vicomte de Porhoët, vers l'an 1149. Nous avons pu retrouver à la Bibliothèque Nationale (ms. fr. 22.319, f° 225) une copie de la charte même de cette fondation. En voici le texte, traduit du latin :

« Sachent tous, présents et avenir, que je, Eudon, Comte, ai donné et concédé en aumône pour l'amour de Dieu et en l'honneur de la sainte et toujours glorieuse Vierge Marie, et remis pour le salut de mon âme, de celles de mes père et mère et de tous mes ayeux, entre les mains de

l'abbé pour y construire une abbaye, toute ma terre

de (Lantenac), tant en champs, qu'en bois; je lui ai

donné en outre toute ma terre de Lodeac (Loudéac), et j'ai autorisé les moines habitant l'abbaye à y prendre dans la forêt tout le bois sec et le bois vert et l'herbe dont ils auront besoin pour en faire du foin et pour faire paître

le bétail, avec les pâturages de ; je leur ai donné en

outre mon droit de past(t) à Lodeac et en outre mon moulm et mon pré de « Tremusson », la ferme de Judicaël à « Lempigne et Lecluso, » la terre de « Gorchen », l'île de a Trêve », cent qiarterons de seigle de la dîme de Menac, la quatrième partie d'une ferme et la moitié d'une autre à Kergu et enfin la moitié de la ferme pour le siège

(1) Le droit de pa*^ ou paisson correspond à un droit de pâture. — VioUet, dans ses Institutions, considère le past comme un droit de prendre en un lieu la nourriture des chevaux et bétes de somme. Nous croyons au moins ici à l'acception plus générale de « parcours » dans la forêt.

abbatial ; je prends Dieu a témoin, de cette donation ; e sont également témoins Geoffroy, évéque de Saint-Brieu( Jehan évoque de Saint-Malo ; Joston et Alain frères d Comte ; Alain vicomte de Montfort ; Judicaël de Malestroii Alain chapelain et plusieurs autres. »

Dans la suite, les successeurs d'Eudon se montrèrei aussi prodigues envers Lantenac, qu'envers les autr( établissements religieux de leur Comté.

Nous ignorons pourquoi la « Gallia Christiana » oi avancer que Lantenac fut longtemps un humble monai tère. A rencontre de ceci, qu'il nous suffise de rappel l'eflort que firent les Bénédictins pour introduire dans vallée de Lié et lancer dans toute cette contrée deshérité la culture du lin. M. de Geslin nous apprend qu'il a trou^ la preuve que dès le xiii« siècle, les religieux de Lanten; étaient parvenus dans les plaines avoisinant leur monai tère et abritées de la forêt, à produire le lin que nous i pouvons plus guère obtenir que sur le littoral. Même i le transformaient en fil et en étoffe. Sans le secours de mécanique ils obtenaient ces merveilleux tissus que not: industrie moderne n'a pas eneore surpassés par la beau et la durée. A vrai dire, ils ont été les promoteurs de cet industrie des toiles qui fut si longtemps florissante ^ resta la fortune de Loudéac jusqu'à la fin du xviii« siècb

En l'an 1565, le monastère ayant été envahi par 1 hordes armées du prince de Rohan, les moines en furei chassés. La Ville Audreu, précepteur du fils d'Isabeau ( Navarre, s'y installa et après lui le Comte de la Magnann L'intransigeance politique et religieuse entraîna ces dei hommes aux pires vexations vis-à-vis des population Celles-ci restèrent inébranlables et eussent été en drc d'espérer la paix définitivement rétablie, après le retoi de leurs anciens éducateurs. Il n'en fut rien, les moin* avaient encore à essuyer un second désastre, en éprouvai la fureur des confédérés.

En 1615, l'abbaye fut occupée parles Pères de la Socié Bretonne et en 1646 par les Bénédictins de Saint-Mau Le plan, que nous joignons ici et sorti des Archives Nati

nales (1) se rapporte précisément à Foccupation des bénédictins de Saint-Maur, puisqu'il est daté de 1659. Il nous révèle l'importance du couvent, et la physionomie de l'ensemble de l'abbaye à cette époque. Vraisemblablement les moines durent entreprendre d'importants travaux de restaurations pour réparer l'abandon dont le monastère avait eu à souffrir ; ils songèrent même à créer toute une basse-cour avec les bâtiments nécesaires à une exploitation agricole.

Un autre plan représentant le second étage nous indique qu'au-dessus des salles A et B se trouvaient un fruitier, une bibliothèque, un chauffoir. Les dortoirs étaient situés au-dessus du réfectoire et des cuisines ; en F était l'infirmerie et au-dessus des salles des étrangers, les chambres réservées aux mêmes.

Une galerie surmontait le cloître.

Tout ceci offrait un ensemble très complet.

Huit moines habitaient les bâtiments conventuels l'année 1680; mais dans la suite les revenus de l'abbaye furent tellement diminués qu'ils pouvaient à peine suffire à la subsistance de trois moines ; aussi ces derniers furent- ils transférés dans un autre couvent du même ordre par édit de 1767. Toutefois cet édit resta lettre morte, si bien qu'en 1790, il y avait encore deux moines habitant Lantenac (2).

Il ne nous a pas été possible d'établir la liste complète des abbés de Lantenac, cependant voici un essai que nous avons tenté avec l'aide de la Gallia et du manuscrit 22-319 :

Robert, apparaît en l'an 1248 au chapitre général tenu à Hambye.

(1) Gôtes-du-Nord. N. III, no 2.

(2) De TAbbaye, il ne reste plus rien aujourd'hui (sinon : un four, des écuries et des clôtures qui permettent de reconstituer le plan). L'Eglise et la partie ouest du couvent subsistaient encore il y a quelques années ; le propriétaire actuel, après avoir sacrifié ces derniers souvenirs, édifia une petite chapelle destinée à abriter les vieux saints protecteurs de Lantenac.

262 ESSAI SUH LE POF^HOKT.

Jean I^^ conclut un accord avec Alain de Rohan au sujet de difïrrents revenus, le samedi avant les Cendres 1271.

Guillaume I^" Guinon, mentionné le 15 mars 1350.

Vivait encore le 27 octobre 1380.

Pierre /«'" rend aveu au Vte de Rohan en 1394, 1407 et 1412.

Pierre II conclut une transaction avec Alain de Rohan le 10 octobre 1446.

Geoffroy Guitton, mentionné en 1469. Assista en 1476 au synode de Redon, dans lequel furent fixés les honoraires des recteurs de campagne. Mourut Tannée 1495.

Jean II Combe, cité dans un ancien catalogue en 1496. (Selon d'autres auteurs, l'abbé aurait été à cette époque Pierre de Loyre ou de la Grée.)

Alain de Lescouet rend aveu en 1508. Disputa l'abbaye à Yvon de Tournenlly et obtint le 21 sept. 1521 des lettres confirmant son élection.

En 1529, Yvon de Tournenlly obtient une sentence et revendique l'abbaye pour son compte. Il n'est pas probable qu'il l'obtint, car Alain conserva jusqu'à sa mort le titre d'Abbé et peut par conséquent être considéré comme le dernier régulier.

Michel de Coëtlogon, premier abbé commendataire, 1534.

César de la Barre, en l'an 1540.

Jean III le Veneur, cardinal, évêque de Lisieux, mentionné en 1542. Mort en 1543.

Louis P^ de Botderu, en 1547.

Renaud Soudan, qui prête serment de fidélité au roi l'année 1558.

Jean IV Fabri, 1561. Chassé en 1565 par la Ville Audren qui lui substitue son fils, Claude de Kerangor. Bientôt après, les moines eux-mêmes sont obligés de fuir.

ines.

kl

Rivoir de Kerdesiguen, mentionné le 16 avril 1571.

Antoine Charbonnier, en 1575.

Mathurin Denechaux, mentionné en 1582 et 1600. De 1601 à 1610, l'administration de Tabbaye est confiée à des procureurs.

Guillaume II Dupont (ou du Pont), en 1612.

Etienne Dupont, chapelain de la Louvière et protonotaire apostolique, succéda à son oncle l'année 1641. On le trouve à l'assemblée de Saint-Brieuc en 1677.

Louis II Fernon, maître de chapelle du roi, succéda à Etienne. Se maria en 1706.

Augustin Giry de Monteliaud, nommé le l®"" novemb. 1706. Mourut en février 1730.

Louis III Alexandre Marin de Kerbringal, chanoine de Quimper. Créé abbé sept. 1731. Tint la crosse pendant cinquante- cinq ans.

N. de Barrai, archidiacre de Troyes, 1786. Était encore abbé de Lautenac en 1790.

L'Abbaye de Saint-Jean-des-Prés-les-Josselin.

Le Père des Hayes, qui a dressé le catalogue des abbés de Saint-Jean-des-Prés, d'après les mémoires du P. Le Large, commence par ces mots (1) : « Albert, évêque de Saiût-Malo, qui autorisa la fondation de Beaulien et qui donna quelques églises à cette abbaye, ne fut pas moins zélé pour l'ordre canonique établi dans l'abbaye de Josselin ou de Saint-Jean-des-Prés près Josselin, au diocèse de Saint-Malo. Si nous avions pu recouvrer les premiers titres de cette maison, nous rendrions un compte plus exact des motifs de la fondation de celte abbaye, de la qualité de ses différents fondateurs et de ses anciens abbés. Mais il faut nous retrancher aux anciens mémoires et la tradition de Josselin qui disent que Henri II roy d'Angleterre, restaurateur du prieuré de Locmaria, avait fondé ou rétabli Tabbaye de Saint-Jean-des-Prés située audessous du château de Josselin. »

Tout porte à croire en effet que Saint-Jean-des-Prés date du xii® siècle. Mais arrêtons-nous sur cette pensée qu'Henri Hait rétabli seulement l'abbaye, un seigneur de Porhoët en ayant jeté le premier les fondements. S'il est constant qu'en 1159, 1163 et 1172 il y avait des abbés portant le nom d' « abbé de Josselin » et qu'après 1173, ce titre est remplacé par celui d' « abbé de Saint-Jean-des- Prés » il ne paraît pas invraisemblable certainemeni, qu'après les dévastations de Porhoët et les ruines successives de Josselin (1168-1173), Henri II d'Angleterre ait voulu réparer le tort qu'il avait causé aux églises du Comté et qu'il ait ainsi fait renaître l'abbaye de ses cendres. « Ce prince, dit le P. des Hayes, avait une dévo-

(1) Biblioth. Nat. ms. fr. 22-358 f»» 55-58.

LES \BBAYES DU POHHOËT. 265

tion particulière à saint Jean l'Évangelisle et estimait beaucoup l'ordre canonique ; c'est pour ces deux motifs qu'il fit dédier sous le titre de l'apôtre saint Jean, les églises de Melinais en Anjou, de l'hôpital d'Angers, de l'hôpital de Gaen et de Saint-Jean-des-Prés, toutes de l'ordre des chanoines réguliers. »

A vrai dire l'obscurité s'étend sur Saint-Jean-des-Prés jusqu'au commencement du xiii* siècle. On y trouve alors des chanoines de l'ordre de Saint-Augustin. Une dizaine de paroisses en dépendaient, malgré cela ce fut toujours un très petit bénéfice. Le faible revenu explique le petit nombre des chanoines qui résidèrent; Ogée n'en mentionne que deux en 1779.

En juillet 1663, l'abbaye avait reçu la réforme Génovéfaine.

Voici la liste des Abbés d'après l'auteur que nous avons déjà cité, elle correspond à peu de chose près à celle que présente la Gallia.

Jud.., (icaël), abbé du château de Josselin, vivait en 1159. Il était un des huit abbés qui assistèrent de leur conseil, les évêques Jean de la Grille et Guillaume de Passavan, lorsqu'ils jugèrent comme délégués du Pape Adrien IV, la contestation de l'évêque de Nantes et des moines de Tournus.

Guy, abbé du château de Josselin. Fut témoin d'une donation faite en 1163, à l'abbaye de Montfort, par Pierre de Lohéac, et d'une autre faite au monastère de la Trinité de Gombourg, par Albert, évêque de Saint-Malo.

A , mentionné dans une charte de Paimpont, datée

de 1199 et qualifié abbé de Saint-Jean-des-Prés. Lacune importante.

Nicolas, abbé de Saint-Jean-des-Prés, qui donna son adhésion à la sentence portée en 1303 contre Benoît VIII. D'après un ancien nécrologe de Montfort, il mourut le 17 janvier.

Mathieu, abbé de ?aint-Jean-des-Prés, mort en 1354.

Pierre Debart (ou Le Bart), abbé de Sainl-Jean-des- Prés; qualifié ainsi dans un ancien acle de celte abbaye, dont la date ne paraît plus. Mentionné également dans des lettres d'Innocent VI (2 mai 1354.)

Robert L'Escuyer, abbé de Saint-Jean-des-Prés, en l'an 1400. Fil bâtir le cloître en 1405 et soutint plusieurs procès pour la défense des droits de son abbaye. Il vivait encore en 1447.

Guy de Coëtlogon, abbé en l'année 1450 suivant plusieurs actes et un aveu daté de cette année. Il fut pourvu de l'abbaye de Paimpont, après la mort d'Olivier Guitro, survenue le 25 janvier 1452. Guy de Coëtlogon mourut à Paimpont en 1472.

Jean de la Bouëre, abbé régulier. Succéda à Guy de Coëtlogon en 1452. Il fut grand vicaire de Jean l'Épervier, évêque de Saint-Malo, et vivait encore en 1471.

Robert de Brade, succéda à Jean de la Bouëre, suivant une charte non datée.

Pierre Bihouîier, abbé de Saint-Jean de U76 à 1492.

Mathurin de Lorme (ou Delorme), chanoine et procureur de Saint-Jean, fut élu abbé par ses confrères, après la mort de Pierre Bihouîier. Mais le Pape Alexandre VI, prétendant que la nomination lui appartenait, y nomma Jean Bohier, natif d'Auvergne. Le procès des deux contendants fut porté à Rome et l'élection des chanoines de Saint-Jean ne fut pas confirmée. Jean Bohier, qui était encore pourvu de l'abbaye de Saint-Gildas de Ruys, céda ses droits sur l'abbaye de Saint-Jean à Gilles de Coëtlogon, qui les fit valoir, comme on va le voir.

Gilles de Coëtlogon, chanoine régulier de Monlfort et licencié en droit canon, fut pourvu en Cour de Rome de l'abbaye de Saint-Jean, le 9 novembre 1495. Les bulles d'Alexandre VI lui confèrent tous les droits d'un abbé régulier, mais ne lui donnent cependant Tabbaye qu'en

commende. Il reçut du Pape en 1501 le privilège personnel de bénir les églises, de conférer les ordres mineurs, et d'officier avec la mitre et les ornements pontificaux. Gilles de Goëtlogon mourut en 1506.

Désormais tous les abbés furent commendataires.

Guillaume Grimaud, d'une famille ancienne et distinguée en Bretagne, obtint l'abbaye en commende Tan 1507. Jacques, vicomte de Rohan, le désigna en 1526 pour être un de ses exécuteurs testamentaires. Le pape Clément VII, l'an 1532, lui accorda les bulles de coadjuteur en faveur de son neveu, Louis Grimaud.

Louis Grimaud, neveu du précédent, prit possession de l'abbaye de Saint- Jean-des-Prés l'an 1536. ^ 7/4 ^

Louis de Pommeleuc, fut abbé commendataire de Saint-Jean en 1540 et 1541, comme nous l'apprennent les statuts de Guillaume Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo. Il signait en ces termes : Louis, commendataire.

Antoine de Sénecterre, sorti d'une illustre maison d'Auvergne, était abbé de Saint-Jean en 1545. Il nomma pour son grand vicaire Sébastien Tbomé, trésorier de l'église-cathédrale de Rennes et abbé de Rillé. M. de Sénecterre était en même temps abbé d'Aurillac et de Saint-Théoffroy au diocèse du Puy-en-Velay. Il devint évêque du Puy.

Jean de Sénecterre obtint l'abbaye de Saint-Jean par la cession que lui en fit son frère. Il prêta serment de fidélité au roi en 1561.

Martin de Beaune succéda à Jean de Sénecterre et prit pour grand vicaire Pierre Foullé de Marzy. Cet abbé était de la maison de Semblançay et frère de Renaud de Beaune, archevêque de Bourges et de Sens, grand aumônier de France. Il eut la jouissance de cinq abbayes dont il se démit peu à peu. Saint-Jean, lors de sa mort, était occupé par Pierre Foullé.

Pierre Foullé de Marsy aumônier ordinaire de la Reine, fut abbé de Saint-Jean en 1567. On le voit avec ce

titre aux Etats de Bretagne de lo77, 1580 et 1588. Il mourut à Paris en 1594 et fut enterré dans l'église Saint-Séverin.

Samuel Cyrano fut nommé par la Reine à Tabbaye de Saint-Jean; mais il se démit en faveur de son successeur.

Pierre Pigray était de Paris et agent du Clergé. Il prit possession de Fabbaye en 1595, assista aux Etats tenus à Vannes l'an IGOO et à ceux de Rennes en 1008. Pierre Pigray mourut dans son abbaye et y fut enterré en 1619.

Claude Blondeau^ agent du Clergé et aumônier ordinaire du Roi, eut la jouissance de Saint-Jean, de 1620 à 1643. Il était encore abbé d'Oigny et doyen de Gage au diocèse de Troyes.

Octave de Blanchefort, archidiacre de Sens, reçut l'économat de l'abbaye de Saint-Jean en l'an 1643, dans l'espérance d'avoir ses bulles de Rome. Il les obtint en 1614, mais céda de bonne heure ses droits à son successeur.

Sébastien de Guémadeuc prit possession de l'abbaye de Saint-Jean en 1650. Il en a joui 52 ans et y établit, en 1663, au mois de juillet, les chanoines réguliers de Sainte -Geneviève, qui depuis leur entrée réparèrent l'église, rétablirent tous les lieux réguliers et mirent l'abbaye en état d'y pouvoir entretenir huit religieux. Cet abbé, depuis évéque de Saint-Malo, mourut à Beignon le 4 mars 1702.

Jean-Ernest, comte de Louveinstein, prince souverain de Ghassepierre, chanoine capitulaire de l'église de Strasbourg et de Cologne, neveu du cardinal de Furstemberg. fut nommé par le Roy le 16 avril 1702 et prit possession le 28 novembre 1703. Il mourut en 1731, après avoir été évéque de Tournai (1713).

René de Brissac, fils de messire Pierre de Brissac, premier président du Parlement de Bretagne, fut nommé par le Roi à l'abbaye de Saiut-Jean-des-Prés au mois de novembre, l'an 1731. Il la posséda jusqu'en 1784.

Esprit Jacquelot de Boisrouvray, trésorier de l'église de Vannes, fut dépossédé en 1790.

L'Abbaye du Mont-Cas sin, près Josselin.

Nous ne citerons que pour mémoire l'Abbaye des Bénédictines du Mont-Gassin, sur la fondation de laquelle nous nous sommes suffisamment étendu dans le cours de notre essai sur le Porhoët. Son règne fut de courte durée puisque l'érection en abbaye date de 1682 et elle retomba en prieuré l'année 1739. Mgr Sébastien du Guémadeuc, qui reçut du roi la nomination des deux premières abbesses, choisit d'abord sa sœur Suzanne, la fondatrice de la maison et, pour lui succéder, Eléonore, nièce de celle-ci.

La liste ici sera plus facile à compléter que pour les deux autres abbayes.

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