CHAPITRE PREMIER
leur parti et s'étaient cantonnés à Dol. Iloël, soutenu par le roi d'Angleterre, les assiégea dans leur forteresse pendant quarante jours. Le roi de France le força à lever le siège, mais le duc en se retirant fît des ravages sur les terres du comte de Porhoët, pour l'attirer au combat. Il Fentraîna dans un pays escarpé et aride où ses troupes souffrirent beaucoup de la disette de vivres. Enfin Eudon, obligé de vaincre, ou de tomber entre les mains de son ennemi, anima ses troupes de la parole et attaqua Hoël avec tant de vigueur qu'il le défît et le fît prisonnier. Alain Fergent dut revenir à la charge pour délivrer son père.
Ce fait, qui date de 1077, c'est-A-dire d'une époque où l'organisation féodale était complète, suffit à en montrer le vice fondamental : l'absence d'un pouvoir central vigoureux.
A la mort de son épouse, la vicomtesse Anne, dite de Léon, il abandonna tous les biens de celle-ci au prieuré de Sainte-Croix. De leur union issirent : Josselin, vicomte de Porhoët, deuxième du nom ; Geoffroi, qui lui succéda; Alain, premier seigneur de Rohan, Guéthenoc et une fille qui épousa Simon, seigneur de la Rochebernard. Il eut deux autres fils , d'un second mariage : Bernard et Robert.
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L'acte le plus notoire de Josselin H, ou, coinine on disait plus souvent, Jostlio, l'ut la fondation en 1105 du prieuré de Saint-Martin d(; Josselin en faveur des bénédictins de Marnioutiers (de Tours). 11 poussa à l'extrême la libéralité, donna aux moines tout ce qu'il pouvait leur octroyer de plein droit : meubles, bijoux, trésors ; finit par se donner luimême et mourut sous le froc, en 1116, laissant à la tête de la vicomte ses deux frères Geoffroi et Alain, souvent désignés ensemble sous le titre de « Proconsuls de Porlioët (1). »
Geoffroi fut longtemps immobilisé par la maladie et, pour cette raison sans doute, semble être resté indifférent aux luttes de son temps, soit entre divers princes de la maison de Penthièvre, soit entre Conan III et plusieurs de ses barons. Comme nous le verrons, le seigneur de Porhoët abandonna à son frère puîné une partie considérable de ses domaines. 11 mourut en 1142, ayant pour enfants de son mariage avec la comtesse Havoise : Eudon, qui sera le grand homme de cette race virile; Josthon, Alain, Etienne, une fille, Amice, qui épousa Guil-
(1) Tous deux sous ce titre figurent eu particulier à la nouvelle bénédiction de l'Eglise Saiut-Sauveur de Redon le 23 octobre 112/, faite par Hildebert, archevêque de Tours (qui avait sous sa direction administrative et religieuse tous les diocèses de Bretagne) et à laquelle assistèrent Conan 111 et les évéques de Bretagne.