CHAPITRE PREMIER
laume de Montfort. Alain de Porhoët s'établit en Angleterre et fut la tige des seigneurs de la Zouche, d'Haringvvorth, de Pitton et de Codnor (1). Yoici une charte de 1118 qui nous édifiera sur les sentiments de GeofFroi : « Sachent tous, présents et à venir, que Geoffroy, fils d'Eudon, affligé depuis longtemps, par ordre de Dieu, d'une infirmité et couché sur son lit dans son palais, sous le coup de la maladie, cependant ayant conscience de luimême, appela à lui Rivallon, évêque d'Aleth, et Alain, vicomte, son frère, avec une grande partie des barons et des bourgeois ; et d'abord, pour le salut de son âme, ayant pris conseil de l'évêque et de ses clercs, par qui il fut nourri du saint Viatique, il se donna lui-même, à Dieu, à saint Martin et à ses moines pour qu'ils le fissent moine lui-même, dans le prieuré de Josselin, si la maladie qui le tourmentait le conduisait au tombeau ; en outre, il donna aux mêmes moines, soit qu'il mourût, soit qu'il vécût, toute sa part de la dîme de Guillac, c'est-à-dire la dîme de la moitié de cette paroisse. Il fît ce don par les mains de Rivallon, évêque d'Aleth, dans celles du prieur Raoul, au
(1) Dont la généalogie est rapportée par Dom Morice.— Depuis la conquête de l'Angleterre, les seigneurs de Porhoët étaient restés en possession de grands domaines dans ce pays.
moyen d'un certain bAton dont on se servait pour le défendre de l'iniportunité des mouches (\) ». Ce pieux Geoilroi guérit de sa longue maladie en 1130. Probablement à titre de reconnaissance, quelque temps après (1132), il abandonnait aux mêmes moines de Saint-Martin diverses coutumes, telles que le droit d'Ost et le repas du Comte.
(l) A cette é{)oque, lors d'un abandon ou d'une concession quelconque, l'on prenait n'importe quel objet pour représenter la donation effective.