‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 25 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dès lors inutile ; physiquement et moralement affaibli, Eudon déposa les armes.

Ses dernières années s'écoulèrent dans un repos bien mérité. En 1185, on le retrouve à la célèbre assemblée des Barons, connue sous le nom d'Assise du comte Geofïroi, dans laquelle il fut décidé que les héritages nobles ne seraient plus partagés entre les enfants, mais appartiendraient à l'aîné. Le comte Eudon et Alain de Rohan y figurent comme témoins, une copie des actes leur fut délivrée.

Au milieu de ses pérégrinations guerrières, il n'oublia pas de s'acquérir des mérites pour l'Eternité. On lui attribue la fondation de l'abbaye de Saint-Jean des Prés es Josselin et du prieuré de Lantenac (1149), plusieurs donations en faveur de Saint-Martin (1153 et 1164). 11 eut une nombreuse progéniture : Geoffroi, l'aîné de ses fils, mourut jeune ; il eut ensuite Adélice, abbesse de Fontevrault ; Alix, qui épouse Guy Mauvoisin, seigneur de Rosny; Eudon, qui devait laisser tomber le Porhoët en quenouille ; enfin Henri ou Hervé.

Le titre de Yicomte de ses prédécesseurs ne suffit pas sans doute à Eudon II, il prit celui de comte de Porhoët et, considérant Conan IV comme un usurpateur, se qualifia dans tous les actes de

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comte (le Bretagne (1); mais, tout autlientiques et brillantes que soient ses (jualités, peut-il, dans riiistoire, s'enorgueillir dun plus beau titre que celui (le « dernier des Bretons » ([ua lui décernèrent les anciens auteurs.

Peu de choses nous sont restées d'Eudon 111 (appelé aussi Eon). Il figure, avec un grand nombre d'autres seigneurs, à la monstre que convoqua Philippe-Auguste (1205) pour la conquête de la Normandie, après la déchéance de Jean-sans-Terre. Pierre Mauclerc avait résolu de détruire ses deux ennemis, le clergé et la noblesse. Celle-ci, attaquée dans ses privilèges, se souleva en masse ; il se produisit une véritable révolte qui ne prit fin que par un traité signé entre le Duc et le vicomte de Léon, mandataire de tous les seigneurs. Il n'est pas douteux que le comte de Porhoët prit les armes pour la défense de ses intérêts et fit cause commune, dans cette afTaire, avec le vicomte de Rohan et les autres barons.

.Aux approches de la mort, l'année 1231, il fit don à Saint-Martin de Josselin « en pure et perpétuelle aumône, de son moulin de Taun, situé sur

(1) Le titre de duc de Bretagne ne fut réellement adopté que plus tard. Par exemple, on dit toujours : l'assise du comte Geoffroi.

Philippe le Bel érigea la Bretagne en duché-pairie, et c'est de cette époque que les souverains bretons prirent le titre de duc.

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