CHAPITRE II
Aussitôt qu'il apprit cette nouvelle, Henri II se vengea honteusement en déshonorant sa propre cousine germaine. « Rien n'égalait, disent les chroniqueurs, la beauté, la candeur, la grâce de cette fleur de la Bretagne » et « comme l'hermine, qu'une tache fait mourir, Alix expira le jour même ».
S 'attaquant aux biens propres de son ennemi, Henri H, le fer et la flamme à la main, envahit le comté de Porhoët, rasa le château de Josselin(1168), puis s'empara de Vannes, d'Auray et désola tout le pays depuis Dinan jusqu'à Saint-Malo.
Louis VII, dont les Bretons avaient imploré l'appui, amena enfin Henri II à conférer avec lui et Eudon de Porhoët. Un traité fut signé à Montmirail (1169). 11 en résulta le couronnement de Geoffroi II à Rennes. Ce jeune prince n'avait que dix ans, et tous les barons bretons furent appelés à faire leur soumission. En réalité, ce fut Henri II qui gouverna.
Eudon, trop indépendant et trop fier pour courber la tête devant cet étranger, refusa l'hommage, préférant tout, même la misère, à l'esclavage.
La réponse du roi d'Angleterre ne se fît pas attendre. Le Porhoët fut ravagé une seconde fois : « le château de Josselin, nous dit la chronique de Montfort, fut incendié et ensuite détruit jusqu'aux fondements ; les habitants partirent pour l'exil et le
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comte Kiidoii fut chassé de son duché. » Henri 11 assouvit ses rancunes jusqu'à l'aire condamner son adversaire comme reI)elJe, afin de le dépouiller de tous ses biens, tant en Bretagne qu'en Angleterre. Ceci se passait l'année 1170.
Le coup porté ne fît qu'aviver l'hostilité de l'infatigable guerrier, qui parvint k reconstituer des forces nouvelles, tant était vivace cette nationalité quil défendait si vaillamment.
Henri II, qui était retourné en Angleterre, aussitôt informé, revint en Bretagne et obligea de nouveau Eudon à sortir du duché. A ce moment, Raoul de Fougères, le frère d'armes de celui-ci, reparait sur la scène, gagne les garnisons de Dol et Combourg ; il ne peut malheureusement s'y maintenir et capitule.
Le parti des seigneurs bretons était, sinon anéanti^ du moins gravement atteint.
Le comte de Porhoët, après avoir réparé sa forteresse de Josselin et relevé les ruines amoncelées, s'efforça de reprendre quelques-unes de ses anciennes places. Ses forces se brisèrent contre celles de Geoffroi II. Il perdit tout ce qu'il possédait dans le comté de Vannes et en Cornouaille et fut réduit au seul comté de Porhoët.
La Bretagne était épuisée et la lutte semblait