CHAPITRE III
Ohèze avec toutes les autres dépendances, au patrimoine de ses pères. Un accord, fait en 1284 entre lui et son frère Thomas de Chemillé, en donne Une nouvelle preuve (I). La vicomte de Rohan s'agrandissait au profit du comté de Porhoet; un jour viendra où ce rejeton accaparera toute la vitalité de cette souche qui l'avait fait naître.
Arrêtons-nous ici quelques instants. Qu'advint-il de ce territoire de la Chèze, comprenant Loudéac, la Trinité et leurs dépendances ?
Pour éluder toute difficulté, Levot déclare simplement que ce démembrement fut réuni au trône par acquêt du connétable Olivier de Clisson. Cette affirmation est erronée en tous points ; il n'est pas même fait mention de la Chèze dans le contrat d'échange de 1370, entre le Connétable et les comtes d'Alençon et du Perche. De la lecture de différentes chartes, il ressort au contraire clairement que la seigneurie de la Chèze (Loudéac et la Trinité), tout en étant aux mains des Rohan, ne fut jamais détachée du Porhoët. Le duc de Bretagne ne nous l'apprend-il pas lui-même dans une déclaration du 11 mai 1396 ayant rapport au rachat des terres du vicomte de Rohan : « Comme le territoire de la
. (1) D. M., t. 1, col. 1072.
•54 ESSAI SUH I.K POIUIOKT.
Chèzc est de la tenue et ressort de la Raronie de Porhoët... actuellement à notre très cher cousin Olivier, sire de Clisson... (;tc. » ?
Dom Morice se prononce aussi dans notre sens en disant que la seigneurie de la Chèze était membre dépendant du comté de Porhoët.
Elle devint donc, pendant quelque temps, juveignerie de Rohan, tout en restant dans la vassalité de Porhoët. Alain VIII de Rohan, qui épousa Béatrix de Clisson, en rapporta l'entière jouissance au titulaire du comté.
Jeanne de Porhoët et Olivier de Montauban disparaissent bientôt, du moins du cadre qui nous occupe. Ils ne gardèrent presque rien dans cette partie de la Bretagne. Enfin Guy Mauvoisin, époux d'Alix, fille d'Eudon II, fit aussi valoir ses prétentions à la mort d'Eudon III. Le roi de France régla l'affaire. Guy reçut une somme de 2 500 livres tournois et une rente annuelle de 200 livres qui lui furent servies par Raoul de Fougères (1).
Marguerite, veuve d'Eudon III, survécut de longues années à son mari. Ses enfants lui laissèrent pendant sa vie la terre du Plessis et le manoir de la Villejagu situé auprès des forges actuelles de
(1) Accord de juin 1238. Cartul. d'Alençon, D. M., t. I, col. 907.