‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 29 sur 113 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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front, outre renseignement des masses, une haute culture intellectuelle et une industrie importante. Les Bénédictins de Lantenac, à l'époque des guerres de religion, furent expulsés de leur abbaye et subirent de cruelles vexations ; la Ville-Audren et la Magnanne tour à tour y régnèrent en oppresseurs et laissèrent le plus affreux souvenir dans la contrée.

Voici dans quelle circonstance fortuite le même auteur, qui nous renseigne particulièrement sur Lantenac, découvrit la sépulture d'Aliénor de Porhoët :

« Par une soirée de printemps, j'errais dans l'oasis créé par les moines au milieu des landes. Le soleil, après avoir fourni sa journée lourde et brûlante sur la bruyère, se laissait lentement glisser dans une splendide couche de nuages. L'abeille se taisait, sa laborieuse tâche finie ; quelques oiseaux seuls, près de leurs nids inachevés, semblaient continuer l'hymne du soir des disciples de saint Benoît. Tout dans la nature respirait l'harmonie, l'ordre, le calme, le repos paisible après le travail, comme au temps de la congrégation de Saint-Maur. Ce cadre, vide aujourd'hui, où se sont déroulés les labeurs des Mabillon, des Lobineau, des le Gallois, des Luc d'Achery, de tous ces hommes forts à qui la science et l'art doivent tant ; ce cadre, dis-je, sembla pro-

tester contre les outrages de ri^noraiicjî moderne. Mon j)ied Inîurta un sarcophage portant l'etïigie d'une feninie dans le costume du xin" siècle. Sous son manteau de mousser, je lus, en caractères presque ell'acés : Aliénor de i*oriioët, dame de la Chèze (1). »

Cette princesse, considérée comme orgueilleuse et dure, nous a laissé cependant des preuves de bonté et de justice. Nous avons d'elle un certain nombre de chartes intéressantes ; ici, elle fait une gratification à l'un de ses vassaux ; là, elle exempte les habitants du bourg de la Chèze d'une partie de la taille qu'ils lui doivent annuellement. Elle avait eu un fils de son premier mariage, Alain, héritier de la vicomte de Rohan, et de son second mari un autre fils appelé Thomas de Chemillé. Or, d'après l'assise du duc GeofTroi et les lois du temps, le fils aîné devenait l'héritier unique ou au moins principal de ses parents. Alain de Rohan devait donc être l'héritier de sa mère (2) ; c'est pourquoi, à la mort de celle-ci, il adjoignit la Trinité, Loudéac, la

(1) Mémoires de la Société d'Émulation des C6les-du-Nord,\816. • ;(2) 11 convient de noter cependant que Thomas de Chemillé réclama une part d'héritage. Par accord de juin 1238, il reçut les terres de la Rivière, sises dans la paroisse de Plumieux; de la VilJe-Samson et de la Ville-Hoéon, sises dans la paroisse de Brehant-Loudéac; plus la ville de la Trinité. A sa mort, ces biens étaient réversibles sur la tête d'Alain de Rohan.

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