‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 54 sur 113 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

eurent la curiosité de savoir ce qu'il faisait la nuit dans sa cellule. Ils pratiquèrent des trous dans la cloison et se mirent en devoir d'observer. Ils constatèrent d'abord que le saint missionnaire ne couchait pas dans un lit, qu'il veillait presque toute la nuit et que la cellule était toute lumineuse, bien qu'il n'y eût ni feu ni flambeau allumé. Sur les instances du prieur, le vicomte de Rohan envoya Alain de Covennec et plusieurs autres de ses amis voir le prodige ; tous ont également affirmé que la cellule de Messire Vincent était resplendissante de lumière. On pense si le bruit s'en répandit rapidement en ville et si les conversations allaient leur train. Bref, on ne tarissait pas sur les vertus et la sainteté du missionnaire. Les huit jours écoulés, Vincent céda aux prières du vicomte de Rohan et prêcha encore trois jours, puis il partit dans la direction de Ploërmel (1). »

Le souvenir de son passage dans la capitale du Porhoët se perpétua bien longtemps après sa mort, il y fît plusieurs miracles qui furent consignés dans le procès-verbal de canonisation.

Nous retrouvons un grand nombre d'actes de Jean V (2), contresignés d'Alain VIII qui se montra toujours, ainsi que son fils, au rang des plus dévoués,

(1) le Lys de Notre-Dame, an. 1904.

(2) Les archives du temps de. Jean V. Bibliophiles Bretons^

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serviteurs du prince et des plus fidèles défenseurs de sa cause.

A la signature du traité d'Angers, le 2 juillet 1417, entre le duc de Bretagne et le dauphin Charles « pour la partie du seigneur de Bretagne sont présents : Richard, Mgr son frère, les comtes de Penthièvre et de Porrohoët, le maréchal de Bretagne, etc. . . » Le lendemain, 3 juillet, le sire de Porhoët assiste au contrat de mariage entre Louis, duc d'Anjou, et Isabelle de Bretagne, fille de Jean V, et y appose son sceau.

C'est encore là, comme le plus souvent, le titre de Porhoët qui prévaut, non qu'il fût le plus glorieux, les Rohan venant d'acquérir celui de vicomte de Léon ; du moins c'était le plus ancien de la famille.

La descendance directe des seigneurs de Léon s' étant éteinte (1363) avec Hervé VIII, dernier vicomte de Léon, les biens de cette maison passèrent à Alain YIII, héritier de Jeanne de Léon, sœur aînée d'Hervé YIII, mariée vers 1349 à Jean I, vicomte de Rohan.

La vicomte de Léon, telle qu'elle était à la fin du XIV* siècle (1), vint donc augmenter la richesse des

(1) Les biens en faisant partie étaient considérables. Le Comté, ancien domaine des comtes de Léon, roi des Bretons, avait compris primitivement la plus grande partie du Finistère de nos

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