‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 55 sur 113 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Rohan-Porhoët ; elle fut érigée en principauté l'année 1572 et ne sortit pas de cette maison jusqu'à la Révolution. Le titre nominal a heureusement survécu et reste encore l'apanage de l'iiéritier principal des ducs de Rolian.

Alain VIII mourait en 1429, laissant un fils portant le même nom que lui. Béatrix de Glisson, sa veuve, dut consentir, par contrainte, à payer au duc de Bretagne le rachat du Porhoët. Celui-ci n'ayant

jours. Mais au xii^ siècle, il avait été scindé par l'habile diplomatie d'un prince étranger, voulant briser dans sa base cette force léonaise qui s'était si énergiquement dressée contre l'invasion que lui-même avait conduite. Geoflroi II (Plantagenet) fit passer sur la tête d'un cadet les seigneuries de Daoudour, Landerneau, Coatméal en Léon, celles de Daoulas, Crozon, Porzai, Quemenet, dans la Gornouaille. La Vicomte ainsi constituée devait survivre au Comté qui s'abiraa tristement cent ans plus tard dans une ruine définitive consacrée par Hervé V, le dissipateur. « Avec ce malheureux prince, dit Levot, finit cette lignée de nobles barons qui avaient tenu Pôpée et le sceptre de la Bretagne dans ses jours les plus difficiles, qui avaient été le remparl de cette indépendance contre les rois francs, ses défenseurs contre les Normands barbares, contre ceux non moins terribles de la race des Plantagenet, et les plus fidèles soutiens des vieux droits et de la nationalité du pays. Leur chute, malheureusement indigne de si glorieuses destinées, fut un grand pas vers l'unité de la puissance souveraine qui acheva plus tard de s'élever sur les ruines des maisons de Penthièvre et d'Avaugour. »

Cependant la branche cadette était là pour l'honneur du nom. Elle vécut fastueusement, s'enrichit même par héritage de nouveaux domaines, ceux de Guémené-Théboë (ou Heboi) dont Hennebont était le chef-lieu. Ce fief considérable fut divisé et il en advint trois seigneuries : La Roche Moisan, les fiefs de Léon et de Pontcallec. Ces deux premières furent annexées à la châtellenie de Guémené lorsqu'elle fut érigée en principauté en faveur d'un Rohan, par Charles IX, en 1571.

120 ESSAI SUF^ LE PORlIOiOT.

plus A craindre le l)ras rorloutahle du ConiiétahNî, ne recula pas devant la lAcheté de reprendre à sa fille la parole qui avait été donnée quelques années auparavant, que le comté serait maintenu dans le privilège de n'être pas sujet au rachat.

Une discussion sur ce sujet était engagée depuis longtemps. Par sentence prononcée à Ploërmel, les terres de Porhoët, avec les juveigneuries de Campénéac et Guilliers, étaient déclarées soumises au rachat. Plus tard, en 1437, intervient un accord entre les deux requérants. Le duc, alors plus conciliant, fait remise à Béatrix et à son fils, le vicomte de Rohan, de l'amende qu'ils ont encourue pour avoir omis de dire dans leur aveu que leur fief de Porhoët était sujet au rachat et, reconnaissant les bons services du vicomte de Rohan, accorde la franchise « du premier rachat qui écherra en ladite terre de Porhouet », c'est-à-dire à la mort de Béatrix, dame de Porhoët. Il nomme même comme capitaine de la place de Josselin, Jean de Keradreux, qui aura pour mission de prendre possession pour lui du château pendant vingt-quatre heures seulement (1).

Alain IX prit le titre de comte de Porhoët, vicomte de Rohan et de Léon.

(1) Archives de la Seine-Inférieure, série E.

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