CHAPITRE VII
peuple de Josselin, mais ne l'enrichit pas. En réalité, île principal commerce de la ville portait sur les blés et sur les bestiaux.
« Quant à l'exploitation du territoire qui l'envi- |ronne, ajoute-t-il, elle est chétive et languissante, [excepté pour le blé noir. On y récolte un peu de [seigle et de froment; ce dernier jouit d'une réputation qui fait désirer qu'on en perfectionne et I qu'on en augmente la culture. Le chanvre y réussit. » La grande quantité de terrain perdu en landes lui |fait désirer des plantations ; l'idée est excellente, lais il est pessimiste en pensant que les forges de [Lanouée épuiseront sensiblement la forêt (1).
Toutefois, grâce aux encouragements de nos gentilshommes campagnards, un grand progrès se réalisa dans la culture et chacun, petit et grand, put trouver sous son toit, sinon la richesse, du moins un certain bien-être inconnu jusqu'alors.
Forcément, avec les obligations auxquelles ils étaient assujettis par leur rang à la cour, les seigneurs du Porhoët eurent peu de temps à consacrer
(1) Le minerai de fer a toujours été abondant dans le territoire du Porhoët. Roch Le Baillif, médecin de René II, découvrit plusieurs sources minérales. M. Baudouin de Marattes fit, en 1835, à l'Académie des sciences, un rapport très intéressant sur les perturbations subies par l'aiguille aimantée dans la vallée de l'Oust, phénomène qu'il explique par la présence dans le lit de la rivière de sable ferrugineux aimanté.
158 ESSAI SUH LE FORHOËT.
à l'administration suzeraine de leurs terres ; cependant ils y exercèrent une surveillance continuelle et les intérêts mêmes de l'ancien duché trouvèrent toujours en eux leurs j)lus fidèles défenseurs. Nous avons vu quel prix ils attachaient à la présidence de la noblesse aux Etats ; nous n'en voulons encore pour preuve que le geste de Marguerite de Rohan souffletant d'un coup de pantoufle le maréchal de la Meilleraye, qui osait émettre devant elle des prétentions injustifiées (1651). Le Maréchal, pour se venger, la fit assiéger dans sa demeure par ses canonniers, mais ne put empêcher l'arrêt de la même année, qui trancha définitivement la question par l'alternative (1). Bien rarement les Rohan firent défaut aux Etats de Bretagne.
Yoici, à titre de généalogie des comtes de Porhoët, quels furent les descendants d'Henri Chabot jusqu'à la Révolution. Celui-ci était mort en 1655 (2), laissant pour ^lui succéder Louis de Rohan-Chabot (3j qui épousa en 1678 Marie-Elisabeth du Bec-Crespin.
(1) Kntre les ducs de Rohan et de la Trémoïlle ; ceux-ci étant, les héritiers des barons de Vitré qui les premiers avaient soulevé le différend.
(2) La princesse Marguerite mourut après lui, le 9 avril 1684.
(3) Louis de Rohan-Chabot fut dès sa naissance à l'apogée des honneurs. 11 avait été baptisé dans la chapelle du Louvre a Paris, par l'évéque de Meaux, premier aumônier du roi, et avait été tenu sur les fonts par Louis XIV et la reine régente Anne d'Autriche.