CHAPITRE VIII
grégeait. Après la démolition de la tour de Clisson à laquelle nous avons assisté en 1629, le duc de Rohan, jugeant de l'inutilité désormais certaine de la défense, prit le parti de faire raser deux autres tours qui flanquaient la première porte et le pontlevis (1760). Celles qui se tenaient encore debout, du côté de l'Est, s'écroulèrent bientôt d'elles-mêmes, de sorte qu'à la fm du xviii° siècle il n'en subsistait plus que quatre , en comptant celle qui reste aujourd'hui, séparée du corps du château par toute la largeur de la cour. On fit de cette solitaire une prison et on y trouva le logement pour le greffe de la Juridiction seigneuriale.
La place forte de Josselin, dont l'isolement au centre de la province était une garantie, eut souvent la garde de prisonniers de guerre. Après Camaret (1694) et Saint-Cast (1758) on y envoya des Anglais, douze cents y furent dirigés à la suite de cette dernière bataille.
Le comté de Porhoet disparut avec toutes les autres divisions seigneuriales dans le creuset révolutionnaire. Son existence s'était prolongée à travers neuf siècles et depuis le xi*' siècle, à un court intervalle près, cette terre n'était point sortie de la famille de Guéthenoc. Certes il avait perdu beau-
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coup (riinpoi'tance et était réduit à une petite portion (le ce qu'avait été le territoire primitif, mais le cœur battait toujours avec énergie et tous les démembrements n'en avaient pas diminué la vitalité.
Sous prétexte d'achever l'unification de la France, l'Assemblée Constituante voulut « faire disparaître toutes les petites nationalités qui en formaient l'ossature et qui, sans nuire à sa cohésion, lui donnaient tant de force de résistance et tant d'originalité ( 1 ) » ; d'un trait elle supprima en 1790 toutes les divisions séculaires de notre vieux duché et subdivisa la Bretagne en départements et districts. Le Porhoët fut scindé en deux ; le nord fît partie des Côtes-du- Nord ; le sud, à partir de Ménéac et Brignac, passa au Morbihan. Ce département comptait neuf districts, dont celui de Josselin, qui comprenait huit cantons et vingt-deux municipalités (2j .
On ne s'en tint pas là ; une nouvelle loi du 28 Pluviôse an YIII remplaça les districts par des arrondissements communaux ou sous-préfectures.
(1) Le Président de l'Association Bretonne — Séance d'ouverture, 1905.
(2) Le district dont Josselin était le chef-lieu comprenait : Bignan, Billio, Bréhan, Bulléon, Credin, la Croix-Helléan, Cruguel, Evriguet, La Grée, Guégon, Guehenno, Gueltas, Helléan, Lanouée, Lantillac, Ménéac, Mohon, Pleugriifet, Plumelec, Quily, Radenac, Reguiny, Rohan, Saint-Allouestre, Saint-Gouvry, Saint-Jean Brevelay, Saint-Samson, Saint-Servan, La Trinité-Porhoët.