‹ Essai sur le principe de populationChapitre 140 sur 368 · LIVRE 11. — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE 11. — CHAPITRE XII

CI1ÀP1TREXII. — EFFETS DES ÉPIDÉMIES Sl'R LES REGISTRES DES NAISSANCES, DES MORTS ET DES MARIAGES.

Ou voit clairement, par les utiles tables de mortalité qu’a recueillies Sussmilch , et qui comprennent des périodes de 50 ou 00 années, que tous les pays de l’Europe sont sujets à des retours périodiques d’années malsaines, qui viennent mettre obstacle à l’accroissement de leur population. Très peu même sont exempts de ces grandes pestes destructives qui viennent, une ou deux fois peut-être dans un siècle, moissonner un quart ou un tiers de leurs habitants. La manière dont les années de mortalité affectent tous ces rapports généraux des naissances,

cupéde cet objet, avait proposé une méthode pour estimer la fécondité des mariages d’après les registres des mariages, des naissances et des morts (Voy. Bibl. Brit. HBér ., t. 51, p. 181). M. Malihus, en ayant pris connaissance, ne trouvaiteette méthode admissible que dans le cas où l'âge moyen auquel on se marie serait précisément égal à l’âge moyen auquel on meurt. Je fis part de cette objection à M. Odier. En y réfléchissant, il reconnut qu'elle était fondée, et que, comme il doit arriver rarement que les générations comptées par la succession des mariages ne soient pas de quelques années plus courtes que celles que l’on compterait par la vie moyenne, il s'ensuit que la fécondité des mariages estimée par sa méthode serait communément trop grande *.

Quant à la méthode de M. Malihus, qui consiste à diviser, par le uombre des mariages d une année , le nombre des naissances d’une autre année postérieure de trois années et trois quarts; M. Odier faisait une remarque que je vais transcrire ici, en rappelant préalablement la phraseà laquelle cil esc rapporte. M. Malihus s’exprime ainsi : « Si la population d'un pays croit d’une manière régulière; et si les naissances, les morts et les mariages conservent toujours le même rapport, soit entre eux, soit à la population totale, en prenant deux périodes de même étendue, dont l'une soit postérieure à l’autre d’un certain nombre d'années, on pourra affirmée, que toutes les naissances de l’une seront à toutes les naissances de l’autre, comme les naissances annuelles respectivement ; en ayant soin de comparer entre elles deux années correspondantes, c'est-à-dirc , deux années prises l'une dans la première période, et l’autre dans la seconde, qui soient placées à la même distance l’une de l'autre que les périodes elles-mêmes. » Sur quoi M\ Odier observait, « que cette supposition n’est pas, et ne peut jamais être, admissible, parce que les épidémies font toujours varier de temps en temps, et d'une manière irrégulière, la proportion du nombre des morts aux naissances, aux mariages et à la population ; en sorte qu'on ne peut jamais prendre une seule année pour type de la période. »

Il envisageait cette objection comme forte. Et il était porté à conclure de tout ceci, que la seule manière sûre d'estimer la fécondité moyenne des mariages sérail de désigner exactement , dans le registre des morts, le nombre total d’enfants , morts ou survivants , qu'a eus chaque femme mariée ou veuve. (P. Prévost.)

1 Comme il se pourrait que le lecteur n’eüi pas à sa portée le volume de la Bibliothèque Britannique auquel J’ai renvoyé , et qu il fût néanmoins Lien aise de connaître la méthode ci-devant proposée par M . Odier, je vais I énoncer ici succinctement. Multipliez le rapport des naissances aux morts par celui des naissances aux mariages. Le quotient du nouveau rapport qui en résultera donnera le nombre moyen d enfants produits par chaque mariage. (Pierre Prévost.)

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