EFFETS DES ÉPIDÉMIES SUR LES REGISTRES
pendant 1 on 2 années, une diminution notable dans ce rapport, les registres indiqueront pour cette année ou pour ces 2 années un très grand rapport des naissances aux mariages. Réciproquement, si pendant \ ou o années il se faisait moins de mariages qu'à l'ordinaire, et qu’à la suite 1 ou 2 années lussent au contraire très abondantes en mariages, l’on trouverait d’après les registres à cette dernière époque un très petit rapport des naissances aux mariages. C’est ce dont les tables pour la Russie cl la Lithuanie offrent des exemples frappauts. Et on en trouve également dans toutes les autres tables recueillies par Sussmilch. On y voit que les rapports extrêmes des naissances aux mariages sont en général plus affectés par le nombre des mariages que par celui des naissances. D’où l’on peut conclure que ces rapports extrêmes dépendent moins d’aucun changement survenu dans la fécondité des mariages, que de la disposition à se marier et des encouragements qui peuvent y déterminer.
Les années d'épidémies, répandues parmi les autres dans ces tables, ne peuvent sans doute avoir, sur les mariages et les naissances, la même inlluence qu’a la peste dans les tables de Prusse; mais en proportion de la grandeur du mal, son action est absolument semblable. Les registres de plusieurs autres pays, en particulier ceux des villes, prouvent que la peste les visita fréquemment à la Bu du 1 T siècle et au commencement du 1 8e.
En voyant les pestes et les années malsaines succéder dans ces tables aux périodes de rapide accroissement, on juge aisément que le nombre des habitants s’est trouvé si grand en comparaison de leurs moyens de subsistance, que leur santé n'a pu y résister. Il a fallu que les individus dont se compose la masse du peuple vécussent avec moins d’aisance, usassent d’une plus mauvaise nourriture , fussent entassés en plus grand nombre dans leurs habitations. Ces causes ont dù naturellement amener les maladies, et cet effet n'a pu manquer de se faire sentir, quoique d’ailleurs peut-être le pays ne fût pas populeux et qu’il y restât beaucoup de place non occupée. Lors même que dans un pays la population est clairsemée; si elle vient à croître avant que la nourriture qui lui devient en conséquence nécessaire ait été produite et avant qu’on ait construit les logements qui doivent recevoir ce surplus, les habitants sont inévitablement appelés à souffrir beaucoup du manque de place et de subsistances. Si dans la Haute-Ecosse, pendant les dix ou douze années qui vont suivre, les mariages étaient plus nombreux ou plus féconds que ci-devant, et si l’émigration éprouvait quelque empêchement; au lien d’être cinq dans une cabane , les habitants s’v en-