CHAPITRE VU. — des lois Sun les pauvhes (Sui'Jp
Les remarques faites dans le chapitre précédent sur la nature et les effets des lois sur les pauvres, se sont confirmées de la manière la plus frappante par l'cxpériencc des années 1815, 1816, 1817. Pendant ces années, deux points de la plus haute importance ont été établis de manière à ne plus laisser de doute dans l’esprit de tout homme raisonnable.
Le premier de ces points est qu’en réalité le pays ne remplit pas la promesse qu’il fait aux pauvres dans ces lois de fournir constamment de l'occupation, h l’aide de la taxe paroissiale, à ceux qui, faute d’ouvrage ou par tout autre cause, ne peuvent pourvoir h leurs besoins et à l’entretien de leurs familles.
Lesecond pointestqu’avec un trèsgrandaccroissement de taxes paroissiales, aidées des contributions les plus généreuses et les plus louables de la charité volontaire, le pays a été tout-h-fait incapable de trouver une occupation suffisante pour les nombreux manouvriers et artisans qui peuvent et veulent travailler.
On ne peut plus soutenir que les lois sur les pauvres fassent réellement ce qu’elles promettent, quand on sait que plusieurs familles, à Londres et dans d’autres grandes villes, ont été trouvées mourant presque de faim par la crainte d’aller dans leurs paroisses, à cause de l’encombrement, de l'insalubrité et de l’horrible étal des maisons de travail
1 Ainsi se trouve réfutée la doctrine généreuse en apparence, mais fort trompeuse au fond, qu'on a rajeuni dans ccs derniers temps sous tes noms de droit au travail, droit à un minitnun de talaire. Le travail a été délivré des entraves des corporations par Turgot; il est honoré depuis la révolution de 89; tous les jours l'économie politique doit en rechercher les lois, la constitution naturelle. Mais rien au monde ne peut faire que là où il u’y a du travail que pour deux, il y ait droit air travail pour un troisième, sans que tous ne soient lésés, et de façon que chacun des trois aient le même salaire que chacun des deux. Toutes les organisations du monde ne pourraient transformer deux unités en trois unités identiques. Cela ne s'est vu qu'aux noces de Canaau et c'est un mystère. Il n’v a de travail a demander que s'il y en a A' offert ; s'il y en a d'offert, vous y aurez droit, puisque vous n'étes plus garotté par les corporations, à moins toutefois que vous ne vous présentiez trois là ou il n'en faut que (leux. Dans ce dernier cas le droit existera pour tous, mais l’on n’aura pas le pouvoir d'user d’une chose qui n'existe pas. (Jfh. G.)
LOIS Sia LES PAUVRES.
louables, non •seulement ils ont rempli le grand devoir moral d'assister nos semblables dans le besoin, mais encore ils ont dans le fait produit un grand bien ou du moins prévenu un grand mal. Leur non-réussite partielle u'indique pas nécessairement ou un manque d'énergie, ou un manque d'habileté dans ceux qui ont dirigé ces efforts-, elle prouve seulement que ce qui avait été tenté n'était praticable qu'en partie.
Il est possible d’adoucir la violence et d’alléger le fardeau pesant de la misère du moment, de manière à soutenir les malheureux jusques a des temps meilleurs; quoique cela même ne puissejamais se faire qu’avec quelques sacrilices. de la part des riches, et même de quelques classes de pauvres. Mais aucun effort, soit individuel, soit national, ne pourra rétablir d'un seul coup cette vive demande des marchandises et de travail perdue par des évènements, qui, d'où qu’ils proviennent, ne laissent plus de prise au doute.
Ce sujet est environné de tous côtésdes difficultés les plus formidables; et dans aucun état de choses, il n'est si nécessaire que dans celui-ci de se souvenir du mot de Daniel de Foë que nous avons déjà rapporté dans le chapitre précédent. Les manufacturiers de toute l'Angleterre, et en particulier les tisserands de Spitalficld sont dans la misère la plus profonde, occasionnée d’une manière immédiate et directe par le besoin de demande des produits de leur industrie et par la nécessité qui s'ensuit pour les maîtres de renvoyer plusieurs de leurs ouvriers, afin de proportionner la quantité des marchandises aux demandes faites. Il a été proposé cependant, par quelques personnes bienveillantes, de lever par souscription un fonds dans le but exprès de remettre à l’ouvrage ceux qui ont été renvoyés par leur maîtres, ce qui ferait toujours plus regorger le marché, qui n’est déjà que trop largement fourni. Les maîtres s'y opposent; cela est juste et naturel : car cette mesure les empêcherait de diminuer la quantité des marchandises offertes, et de prendre la seule qui pût prévenir la destruction totale de leurs capitaux et la nécessité de renvoyer tous leurs ouvriersau lieu de n’en renvoyer qu’une partie.
D’un autre côté, quelques classes de marchands et de manufacturiers demandent à grands cris la prohibition de toutes les marchandises étrangères qui peuvent entrer en concurrence avec les produits nationaux et nuire selon eux à l'emploi de l’industrie britannique. Mais ce système est combattu tout naturellement et avec justice, par d’autres classes très nombreuses de nationaux occupées à préparer et à manufacturer les marchandises destinées à acheter celles que l’on importe de l'étranger. Et on doit reconnaître qu’un bal de cour auquel on ii’ad-