‹ Essai sur le principe de populationChapitre 199 sur 368 · LIVRE III. — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE IX

travail cessera aussi d’être progressive; et les salaires seront réduits à la somme qui , au prix des vivres et d’après les habitudes du peuple , suffisent et ne font rigoureusement que suffire & maintenir la population à l’état stationnaire. Un peuple placé dans de telles circonstances est dans l'impossibilité morale de s’accroître, quelle que soit l’abondance du blé et quelque élevés que puissent être en d'autres contrées les profits des fonds 11 peut à la vérité, à quelque époque subséquente et à la faveur de circonstances nouvelles , commencer de nouveau à s’accroître. Si , par quelque heureuse invention mécanique , par la découverte d’une nouvelle branche de commerce, ou par un accroissement inaccoutumé de richesseet de population agricole chezlesnationsenvironnantes, ses articles d’exportation, de quelque genre qu’ils puissent être, devenaient l’objet d'une demande extraordinaire, il pourrait de nouveau importer une quantité croissante de blé, et croître de nouveau en population. Mais aussi longtemps qu’il est hors d’état d’ajouter chaque année quelque chose à ses importations d’aliments, il est de toute évidence qu’il ne peut fournir aux besoins d’une population croissante. Or, il éprouvera nécessairement cette incapacité d’importation, lorsque, par suite de l'état où sont réduites ses liaisons mercantiles, les fonds destinés à maintenir le travail deviennent stationnaires , ou commencent à décliner.

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