DE CETTE NOUVELLE ÉDITION
Cette nouvelle édition offrant en un seul volume l'ouvrage entier qui en formait quatre jusqu’il présent, aura pour but de faciliter, à ceux qui voudront s’en donner la peine, l'intelligence de la doctrine de Malthus, et de rappeler de nouveau il tous les hommes d'étude les principaux éléments de solution dans les nombreuses questions que soulève le vaste problème de la misère, l.’auteur a consacré les deux premiers livres à l'analyse des faits qui se sont passés chez les anciens et chez les modernes; cette partie de son ouvrage est peut-être le meilleur travail de statistique que nous ayons. Malthus y est remarquable par l’étendue de scs vues, par la facilité avec laquelle il discute les documents numériques qu’il a eus à sa disposition, par la clarté des conséquences qu'il déduit, et par la portée des problèmes qu’il pose aux statisticiens modernes. Dans les trois derniers livres, Malthus, après avoir examiné les diverses théories sociales proposées pour combattre les maux résultant du principe de population, développe son opinion et ses espérances à cet égard avec une bonne foi et une politesse qu'on ne retrouve pas souvent chez ses adversaires.
L 'Essai sur le principe de population a été traduit, pour la prcgiièrc fois, il y a treute-six ans (1809) , par Pierre Prévost, de Genève, et la seconde fois, quatorze ans après, par le même savant et son fils (M. Guillaume Prévost), qui ont fait passer dans notre langue les divers changements et additions que Malthus avait apportés il son œuvre dans la cinquième édition anglaise, celle de 1817, la dernière qu’il ait revue. M. Guillaume Prévost nous ayant gracieusement accordé la permission d’employer celte consciencieuse traduction faite par des amis de l’auteur et de ses doctrines, nous nous sommes bonté à la relire avec soin, et à indiquer celles des notes qui appartiennent à Malthus ou à Pierre Prev osl séparément , ou bien encore aux traducteurs réunis. Ces deux savants avaient mis en tête de leur édition une préface dans laquelle ils donnaient l'explication de quelques mots importants, tels que misère, contrainte morale, etc. Sous l’avons transformée en notes au bas des quatre premiers chapitres pour placer leurs observations à côté de celles de l’auteur, la première fois qu'il s’est servi de ces mots. Nous avons encore transposé, dans l'intérêt de l’ordre et de la clarté, quelques autres notes, soit de l'auteur, soit des traducteurs; enfin nous avons partagé en chapitres Y Appendice que Malthus avait ajouté pour réfuter plusieurs objections principales et pour résumer son ouvrage. Ces changements de forme, les notes nouvelles que nous avons faites, des renvois fréquents, unu