‹ Essai sur le principe de populationChapitre 303 sur 368 · LIVRE IV. — CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE XIII

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utiles , mais au contraire souvent nuisibles h la société. Toutefois ces défenseurs outrés des méthodes pratiques ne s'aperçoivent pas qu’ils tombent eux-mêmes dans le piège qu’ils conseillent d’éviter, et qu’un grand nombre d’entr’eux peuvent être rangés parmi les auteurs des théories les plus pernicieuses. Lorsqu’un homme raconte fidèlement les faits qu’il a eu occasion d’observer, il ajoute à la masse des lumières générales, et il se rend utile à la société. Mais si, d’après une expérience bornée, d’après la connaissance de sa ferme ou de son atelier, il prétend tirer des conséquences générales, il fait une théorie, et il est sous ce rapport d’autant plus dangereux, que le mot d’expérience en impose; en sorte qu’on oublie aisément que c'est sur des faits généraux, et non sur des faits partiels, qu’une bonne théorie doit être établie'.

Il y a peu de sujets sur lesquels ou ail autant réfléchi , que sur les moyens d’améliorer le sort des pauvres; et sûrement il n’en est point où l’on ait plus complètement échoué. La question, entre le théoricien qui s'intitule pratique, et le véritable théoricien, est à cet égard celle-ci : Le défaut de succès dans la solution de ce grand problème doit-il nous engager simplement à inspecter les maisons de travail avec un détail minutieux ? faut-il nous contenter d'observer les o (liciers de paroisse, de punir sévèrement leurs moindres négligences, de multiplier les distributions de soupes cl de pommes de terre? ou bien devons-nous avoir recours aux principes généraux , qui peuvent nous indiquer la cause pour laquelle jusqu’ici tous nos efforts ont été infructueux, et desquels on conclutque le système entierque nous avons adopté est radicalement vicieux? Il n’y a point de sujet auquel on ait appliqué plus rarement les principes généraux. Et toutefois je doute qu’il y en ait aucun où il soit plus dangereux de les perdre de vue. Ma raison pour penser ainsi est que souvent l’effet partiel et immédiat d’une forme particulière d’assistance est directement opposé à son effet général et permanent.

Il y a quelques districts particuliers où les cottagcrs possèdent de petites portions de terre, et sont dans l’usage d'élever des vaches. Pendant les dernières disettes, on a remarqué que, parmi ces ouvriers, les uns ont pu se passer des secours de leur paroisse, et les autres en ont moins reçu qu’on n’avait lieu de s’y attendre’.

Conformément à l’usage où on est d'envisager ce sujet sous un point de vue partiel, on n’a pas manqué de tirer de cette observation parlicu-

’ Le travers que signale ici Malthus est encore bien grand aujourd'hui. (Jpk. G.) 1 An Inquiry.... Itechrrchei iut l'état dn eoltagtrs de» comté t de Lincoln et de Rolland , par Robert (iourlay. Annales d' Agriculture, vol. XXXVII, p. 514.

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