ET UN ACCROISSEMENT QUI N'ENTRAINE PAS LE VICE ET LE MALHEUR
Dans la préface de la deuxième édition de cet Essai , j’ai exprimé l’espérance que les détails dans lesquels je suis entré, en faisant naître des objections, donneraient lieu à des éclaircissements utiles. Mais quoique l’ouvrage ait obtenu l’attention publique, on l’a peu attaqué par écrit, et la plupart de ces attaques sont moins des réfutations que des déclamations ou des injures qui ne méritent aucune réponse. Je suis donc appelé à relever ici des objections qui ontété faites en simpleconversation. Je saisis cette occasion de corriger les erreurs qui ont été commises par quelques personnes sur la nature de mes opinions, et j’invite ceux qui n’ont pas le temps de lire en entier cet ouvrage, à jeter du moins les yeux sur le court résumé que j’en vais donner, s’ils ont il cœur de méjuger d’après mes propres sentiments et non d’après ceux qu’on me prêle.
La première grande objection que l’on a faite contre mes principes est qu’ils contredisent le commandement primitif du Créateur, l'ordre de croître, de multiplier et de peupler la terre. Ceux qui m’opposent cette objection n’ont pas lu mon ouvrage, ou u’ont fait attention qu'à quelques passages détachés, sans en saisir l’ensemble. Je suis pleinement persuade que c'est le devoir de l’homme d’obéir à ce commandement de son Créateur, et je ne crois pas qu'il y ait un seul passage de cet écrit duquel on puisse inférer le contraire, lorsqu'on le lit à sa place et avec intelligence.
Tous les commandements positifs, donnés à l’homme par son Créateur, sont subordonnés aux lois de la nature dont il est l'auteur. La raison et la religion ne nous permettent pas d’espérer que ces lois soient changées pour rendre plus facile l'exécution de quelque commandcmeut particulier. Si, par une operation miraculeuse, l'homme pouvait vivre sans nourriture, nul doute |oe la terre ne fût très rapidement peuplée. Mais comme nous n’avons aucune raison de compter sur un tel miracle, nous devons, en qualité de créatures raisonnables et pour obéir