CHAPITRE I
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aux commandements de notre Créateur, examiner quelles sont les lois qu'il a établies relativement il la multiplication de l'espèce. Tandis que nous sommes assurés, non-seulement par la contemplation de ces lois, mais par le témoignage de nos sens, que l'homme ne peut vivre sans manger, si nous préteridous obéir au Créateur eu augmentant la population sans aucun moyen de la nourrir, nous agissons comme un cultivateur qui répandrait sou grain au bord des chemins, dans les baies, et dans tous les lieux où il sait qu'il ne peut pas croître. Lequel seconde mieux les intentions bienveillantes du Créateur; celui qui prépare la terre avec soin et qui ne sème que ce qu’il sait pouvoir venir à maturité , ou celui qui répand avec profusion ses grains sur la terre non préparée?
C est me connaître entièrement mes principes que de m’ envisager comme un ennemi de la population. Ias ennemis que je combats sont le vice et la misère. C'est pour diminuer l'influence de ces redoutables adversaires que je propose d’établir, entre la population et la nourriture, un rapport qui leur donne moins de prise. Du reste, ce rapport est indépendant de la population absolue. Il est même en général plus défavorable dans les pays mal peuplés.
On peut jeter quelque jour sur ce sujet par une comparaison. Supposons qu’on dise à un fermier établi sur des terres de pâturages, de garnir sa terre de bestiaux , parce que c’est le vrai moyen d’accroître ses profits, tout le monde conviendra qu’on lui donne un fort bon conseil. Mais si , pour le suivre , ce fermier augmentait le nombre de ses bêtes au point de ne pouvoir les nourrir, et qu’elles fussent en conséquence amaigries et aiïamées, il aurait tort sans doute cl ne devrait s’en prendre qu’à lui-même. Lorsque ceux qui le dirigeaient lui priaient de garnir ses terres de bestiaux, ils entendaient évidemment parler de bêtes saines et en bon état, et non de bêles fort nombreuses, mais souffrantes et qui ne trouveraient point d’acheteurs. L’expression qu’ils employaient n’indique aucun nombre absolu : garnir une ferme de bestiaux, c’est agir selon la grandeur de la ferme et selon la richesse du sol qui comportent chacune un certain nombre de bêles. Le fermier doit désirer que ce nombre absolu croisse. C’est vers ce but qu’il doit diriger tous ses efforts. Mais on ne pourrait pas envisager comme un ennemi de l'accroissement des troupeaux, celui qui ferait sentir aux fermiers que c’est une entreprise vaine et contraire à leurs intérêts de prétendre augmenter le nombre de leurs bestiaux, avant d’avoir mis leurs terres en état de les nourrir.
Mes raisonnements sont précisément de même nature. Je crois que