I.H RK \. — APPENDICE
une population excédante qui est une suite des lois de son accroissement, observe que quelques philosophes ont considéré eelte tendance comme une marque delà prévoyance de la nature, qui a pourvu par-là au prompt remplacement des perles occasionnées par les vices et les passions; « taudis que d'autres, dont M. Malthus est le chef, regardent les vices et les folies des hommes, avec tous leurs produits, la famine, les maladies et la guerre, comme des remèdes bienfaisants , par lesquels la nature a mis les êtres humains en étal de corriger les maux que pourrait entraîner cet excès de population , résultat inévitable de l’action même de ces lois laissées à elles-mêmes. »
Telles sont les opinions qui me sont imputées, ainsi qu’aux philosophes auxquels je me trouve associé. Si l’imputation est bien fondée, nousavons, pour plus d’une raison, tout sujet d’en rougir. Car que nous fait-on dire? Premièrement, que la famine ou manque de pain est. un remède bienfaisant, puisque cette expression, une population excédante, ne peut signifier autre chose qu’une population mal pourvue de moyens de subsistance ; en sorte que ce bienfaisant remède de la famine ne peut être entendu ici que des maux qu’entraîne la rareté des vivres. Secondement, on prétend que, suivant nous, la nature met les êtres humains en état de corriger, par les maladies, les maux qui naîtraient d’un excès de population; — c’est-à-dire que, de propos délibéré, le genre humain crée des maladies, en vue de prévenir les maladies qui sont la suite inévitable d’une population excédante, et qui ne sont ni pires, ni plus mortelles, que les moyens par lesquels on s’efforce de les prévenir. Et troisièmement , on nous impute généralement de considérer les vices et les folies des hommes comme des remèdes bienfaisants appliqués aux maux qui naissent d’un excès de population ; d’où il suit tout naturellement que ces vices doivent être encouragés plutôt que réprimés. 11 ne serait pas facile de rassembler en si peu de mots tant d’absurilité3, de contradictions, et d’assertions dénuées de tout fondement.
Les deux premières imputations sont peut-être propres à M. Grahame, et trouvent leur réfutation dans leur absurdité manifeste et dans leur inconséquence. La troisième, il faut le dire, n'a pas le mérite de la nouveauté. Ilien qu’elle ne soit guères moins absurde que les deux autres, et qu’il ait été suffisamment démontré qu’elle n’est autorisée par aucun r>- . . de cet lissai ni par aucune conséquence légitime de ce qui y est contenu , elle a été répétée continuellement de divers côtés depuis quatorze ans, et la voilà reproduite dans l’écrit de M. Grahame. Je vais donc pour la dernière fois y répondre. Que si ensuite on y revient , je