OBSTACLES A LA TOPLXATION CHEZ LES HUMAINS
Ut
h propos Aristoto, que la naissance d’un grand nombre d’enfants, tant que la division des terres ne changeait point, ne pouvait avoir d’autre effet que d’augmenter la pauvreté1.
Cet auteur semble avoir bien vu l’erreur où , depuis Lycurgue, plusieurs autres législateurs sont tombés. Il parait avoir senti, qu’encourager la naissance des enfants, sans pourvoir à leur entretien, c’est obtenir un très petit accroissement de population au prix d’un très grand accroissement de misère et de souffrance.
Le législateur de Crète’, aussi bien que Solon, Pbeidon, Platon et Aristote, vit la nécessité de réprimer la population pour prévenir la pauvreté générale. Il y a lieu de croire que l’opinion de ces hommes-là, et les lois faites en conséquence, eurent beaucoup d’influence. Et par là même il parait que l’obstacle privatif, provenant du retard des mariages et d’autres causes, agit efficacement dans les États libres de la Grèce pour diminuer la population.
Quant à l’obstacle destructif, il suffit de jeter les yeux sur l’histoire de leurs guerres pour s’en faire une idée. Mais la peste se joignit à ce fléau, du moins une fois à Athènes. Et Platon, comme nous l’avons vu, suppose que, dans sa république, les maladies pourraient diminuer la population”. Les guerres de ces peuples étaient non-seulement continuelles, mais sanglantes. Dans leurs petites armées, qui combattaient probablement corps à corps , il y avait bien plus de morts, en proportion , que dans les grandes armées modernes , dont souvent la plus grande partie demeure saine et sauve *. I)e plus, comme tous les citoyens de ces petites républiques libres étaient militaires , et servaient dans toutes les guerres qu’elles avaient à soutenir, on devait sentir vivement les pertes qu’elles occasionnaient; et ces pertes devaient paraître difficiles à réparer. •