LIVRE IL
DES OBSTACLES A LA POPULATION DANS LES DIFFÉRENTS ÉTATS DE L’EUROPE MODERNE.
En examinant successivement les divers Étals de l'Europe moderne, nous serons aidés dans nos recherches par les registres des naissances, des morts et des mariages. Lorsque ces registres sont complets et corrects, ils peuvent faire connaître avec quelque degré de précision si les obstacles qui arrêtent la population sont du genre privatif ou du genre destructif. Les habitudes de la plupart des nations européennes se ressemblent, parce qu’elles sont placées dans des circonstances assez semblables. Il y a donc lieu de s’attendre que leurs registres offriront à peu près les mêmes résultats. Cependant quelques calculateurs, se liant trop ;i cette coïncidence, ont commis l’erreur de croire que la loi de mortalité était la même en tout pays. Il parait au contraire que celte loi varie beaucoup, qu’elle n’est point la même dans toutes les parties d’un même pays, et qu’entre certaines limites, elle dépend de circonstances qu’il est au pouvoir de l’homme de modifier.
La Norvvège a été, pendant presque tout le siècle qui vient de s’écouler, à l’abri des pertes d’hommes occasionnées par la guerre. Le climat résiste aux épidémies; et la mortalité y est moindre, année commune, qu’en aucun autre pays de l’Europe, où l’on tient des registres corrects’. Le rapport des morts annuelles à toute la population, est en
’ Les registres de ta Russie donuent une mortalité moindre ; mais on suppose que ces registres sont défectueux. [Noie de l'auleur.)
Depuis l'époque où Matllms écrivait , les Économistes se sont vivement préoccupés de cette question. Denombrcnses rerherehosont été entreprises dans plusieurs pays par les Statisticiens et publiées , soit par des savants séparément, soit par des commissions officielles ; mais on est loin d’avoir tous les documents nécessaires. Il est toujours bien constaté que la mortalité varie selon le sexe, le climat, les saisons, les localités, les professions, le prix des subsistances, la paix ou la guerre, etc. On petit consulter les travaux de MM. Benoiston de Chétcauneuf , Moreau de Jomiés, Villermé, Quételet , l.egoyt etc., et les statistiques officielles, entre autres celle que publie le ministère du commerce (J pli . G.)