‹ Essai sur le principe de populationChapitre 93 sur 368 · LIVRE' II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE' II. — CHAPITRE II

population, paraissent en général devoir être attribuées à la mauvaise nourriture, dont la disette a forcé ses habitants de faire usage; la cause de ces retours de disette se trouve dans les mauvaises récoltes. Ces années de disette sont cruellement senties chez un peuple qui n’a point de provisions de réserve, soit dans un surplus destiné à l’exportation, soit dans une répartition habituelle de nourriture à l’ouvrier, assez abondante pour permettre quelque retranchement : car il arrive de la que le pays est habituellement aussi peuplé que peut le permettre le produit du sol avant l’époque ou la récolte manque, et qu’à celte époque il est sans ressource. Cet état de choses prouve clairement que si la Suède peut suffire à une population de neuf à dix millions d’âmes’, comme l'affirment ceux qui, dans ce pays, s’occupent d’économie politique, il n’y a rien à faire pour la maintenir, si ce n’est de trouver le moyen de faire produire au sol autant de nourriture qu’il en faut pour nourrir ce nombre d’hommes; dès qu'on aura réussi dans cette entreprise, on peut être assuré qu’on ne manquera pas de bouches pour manger ces productions, sans qu’il soit nécessaire de recourir pourcela aux hôpitaux d’enfants trouvés et de femmes en couche.

Malgré la grande mortalité de l’année 1789, les états que le professeur Nicander m’a communiqués font voir que la salubrité générale du pays a été en croissant; la mortalité moyenne de vingt années, finissant en 1793, a été de 1 sur 37, au lieu d’être de 1 sur 35, comme dans les vingt années précédentes; dans ces vingt dernières années, finissant en 1793, le taux d’accroissement de la population n'avait pas augmenté; il faut donc que la diminution de mortalité ait été due à l’influence de l’obstacle privatif*, l’n autre calcul dont ce même professeur m’a fait part semble conduire an même résultat. Selon M. Wargentin, cité par Sussmilch», cinq mariages existants produisaient annuellement un enfant; au lien que, dans la dernière période de vingt années, le rapport des mariages existants aux naissances annuelles était de 31 à 10, et en retranchant les naissances illégitimes, de 53 à 10. ("est une preuve que, dans le cours de cette période, les mariages n’ont pas été aussi hâtifs ni aussi productifs que dans celle qui a précédé.

1 Mémoires.... du royaume de Suède , ch. VI, p. 196. — En 1838, la population de la Suède , telle que l'ont faite les évènements de 1814 , comptait 4,438,(810 habitants. Chiffre de M. Moreau de Jonnès, Journ. des Êcon., 1. 1, p. 165. [Jph. G.)

* C’csl-â-dirc à la somme de toutes les causes propres à prévenir l’accroissement (le la population, par distinction de celles qui détruisent cet accroissement après qu'il a eu lieu. Voy. le cliap. II. du liv. I, p. 12 de ce vol. [Note des traducteurs.)

* Goltliche ordrutny, vol. I, ch. VI, S. 120, p. 331 . ,

Page 1