‹ Essai sur le principe de populationChapitre 95 sur 368 · LIVRE U. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE U. — CHAPITRE III

Kostroma 5 Toboisk, de 1768 à 1778. . 5

Arkliangel -i — de 1779 à 1785. . 5

Revel 1 en 1785 6

Toboisk (gouvernement). . . -i

M. Herman observe qu’en Russie, la fécondité des mariages n’est pas plus grande qu'ailleurs, quoique la mortalité y soit beaucoup moindre, comme le prouvent les rapports suivants , fondés sur un calcul fait par approximation, du nombre des habitants dans chaque gouvernement: Il meurt annuellement :

A l'étershourg. . .

1 sur28 Vologda (arcliev.).

1 sur 65

Moscou (gouvern').

52 Kostroma

Moscou (district). .

71 Arkliangel

75 Revel

Novogorod

68 6/7 Toboisk (gouv‘) . .

Pskovsk

70 i/o Toboisk (ville). . .

Voronèjc

On peut conclure de cette table, dit M. Herman, que, dans la plupart des provinces russes, la mortalité annuelle est exprimée par le rapport de 1 à 60*.

Cette moyenne est si élevée, et quelques-uns des rapports indiqués pour chaque province en particulier sont si extraordinaires, qu’il est impossible de les croire fort exacts. Ils ont été néanmoins à peu près confirmés par des tables ou registres subséquents, qui établissent, selon M. Tooke, la mortalité générale en Russie dans le rapport de 1 à 38"; niais M. Tooke lui-même semble douter de l’exactitude de cette partie des registres ; et je tiens d’une autorité respectable que les omissions dans le registre des sépultures sont probablement beaucoup plus fréquentes que dans celui des naissances; d’où il résulte que le grand excès des naissances et la faible mortalité sont moins réelles qu'apparentes. On croit que beaucoup d’enfants, surtout dans l’Ukraine, sont enterrés secrètement par leurs pères, sans que le prêtre en ait connaissance. Les fréquentes et nombreuses recrues enlèvent un grand nombre d’hommes dont la mort n’est pas enregistrée ; les fréquentes émigrations de familles entières, qui vont en différentes parties de l’empire, et la déportation des criminels en Sibérie, sont cause que plusieurs personnes meurent en voyage , ou dans des lieux dans lesquels

1 A’otvi nrla acadrmiœ. (. IV.

* FtVic of lhe llustian Etnp \ol. Il, b. III, p. 14, 8.

on ne tient pas des registres réguliers de mortalité. On attribue enfin quelques omissions à la négligence des prêtres de paroisses, qui ont intérêt à enregistrer soigneusement les naissances, mais qui n’en ont point h enregistrer les morts.

J’ajouterai à ces raisons, que probablement la population de chaque province est estimée par le nombre des paysans qui appartiennent à chaque terre ; mais il est bien connu qu’un grand nombre d’entr’eux obtiennent la permission de résider dans les villes. Il en résulte que leurs naissances sont enregistrées dans leurs provinces, mais il n'en est pas de môme de leurs morts. La mortalité apparente des villes n’en est pas accrue en proportion , parce qu’elle est estimée d’après un dénombrement effectif. Les tables de mortalité, dans les villes, expriment exactement le nombre de ceux qui y meurent, sur un certain nombre connu d’habitants qu'on sait y résider; mais, dans les provinces, quoique les tables soient censées donner le nombre des morts sur toute la population estimée de chaque province, elles ne donnent le nombre des morts que sur une population beaucoup moindre, parce qu’une partie considérable de la population estimée est absente.

A Pétersbourg, en 178-1, on trouva par un dénombrement que le nombre des hommes s’élevait h 126,827, et celui des femmes à 65,019 seulement’; le nombre des hommes était donc presque double de celui des femmes. Cela tient au nombre de ceux qui venaient à la ville pour gagner leur capitation, en laissant dans les campagnes leurs familles, qui y étaient habituellement établies; c’est aussi en partie l’effet de l’usage qu’ont les seigneurs de garder auprès d’eux, à Moscou et à Pétersbourg, un nombre prodigieux de leurs paysans pour le service de leurs maisons.

Le rapport des naissances à toute la population, en Russie, n’est pas différent de la moyenne des autres pays; c’est celui de 1 à 20*.

Selon le mémoire de M. Herman que j’ai déjà cité, le rapport des enfants morts âgés de moins d’une année est : à Pétersbourg, 1/5; dans le gouvernement de Tobolsk, 1/10; dans la ville de Tobolsk, 1/8; dans l’archevêché de Yologda, 1/14; à Novogorod, 1/31; à Yoronèje, 1/24; à Arkhangel, 1/5. La mortalité des enfants dans quelques provinces est donc singulièrement petite; et comme elle ne semble pas susceptible de beaucoup d’erreurs, elle sert à rendre plus croyable la petitesse de la mortalité générale. En Suède , le rapport des enfants qui meurent

1 fiova acta academiœ , Mémoires de If. L. Krafft, t. IV. * Tooke's lïfw ofRunian Emp., vol. Il, II. III, p. 147.

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