OBSERVATION VII
Même auteur
Age 59 ans. — Sexe masculin. — O. {?) Forme clinique: aiguë.
Date du début : Vers le 25 décembre 1864.
Date de l'opération : 30 décembre 1864.
Champ visuel, acuité: V — compte les doigts à 5 pieds 4/2. Tension : exagérée.
Douleurs: vives.
Chambre antérieure : effacée. ® Examen ophtalmoscopique : »
— Fransparence des milieux : troubles. | Mode opératoire : iridectomie sous le chloroforme. Suites immédiates : 3 janvier 1865.
Champ visuel, acuité: V — 16 de Jäger avec 8P. Tension : »
Douleurs : disparues.
Transparence des milieux : »
Derniers résultats : »
Dans ces trois dernières observations de Windsor, l'œil atteint n’est pas indiqué, non plus que l’état de l’autre œil. De plus, dans les observations V et VI, l’acuité visuelle après l'opération est donnée de près avec un verre convexe fort. Or, ce n’estlà qu’un trompe-l'œil, et on ne saurait trop s'élever contre ce procédé extrêmement fantaisiste de déterminer l’acuité visuelle. Il est impossible, en effet, de se baser sur la vision de près dans la mesure de l’acuité. Des malades ayant à peine un dixième de loin peuvent, en effet, avec un verre convexe fort, lire encore de près de gros caractères. Le verre convexe remplit pour
AT ps eux l'effet d’une loupe et dans l'observation VII, par exemple, où V = 16 de Jäger avec + 8D, les lettres vues à
travers un verre convexe de cette force arrivent à avoir
des dimensions triples ou quadruples.
Remarquons encore qu'aucun des résultats de ces 3 observations n'excède trois mois. L'absence des résultats éloignés est ainsi le défautcommun aux Tobservations précédentes. Nous allons encore les retrouver dans le travail d'Hirschberg de 1878.
Hirschbêrg entreprend, dans ce travail, la justification du pronostic de de Græfe et la défense de l'iridectomie, battue en brèche avec acharnement par Mauthner, partisan enthousiaste de la sclérotomie.
I cite 17 observations, dont 15 seulement ont pu nous servir, bien que nous ayons des réserves nombreuses à faire sur ces dernières. Voici d’ailleurs ces 15 cas résumés ci-dessous ‘par le procédé que nous emploierons constamment. 2
Il nous faut auparavant définir ce que nous entendons par amélioration légère et amélioration sérieuse. — La première catégorie comprend les cas où l'opération a été suivie de disparition des douleurs, de retour à la tension normale, où encore ceux dans lesquels la vision regagne un ou deux dixièmes. La deuxième catégorie comprend alors toutes les améliorations qui dépassent les Fu indiquées pour la première.
Auteur : HirscuBerG
Nombre d'observations : 147 (2 incomplètes).
Thérapeutique employée : iridectomie : 45.
1° Résultats immédiats Nombre de cas : 45.
Amaurose : 1.
Aggravaiion : 1.
Statu quo : 3.
Amélioration légère : 7.
Amélioration sérieuse : 3. | Retour ad integrum : 0.
29 Résultats de un à deux ans après le début du traitement
Nombre de cas : 12.
- Amaurose : 1.
Aggravation : 2.
Statu quo : 2.
Amélioration légère : 3.
Amélioration sérieuse : 4.
- Retour ad integrum : 0.
3° Résultats éloignés (plus de trois ans après le début du traitement,
Nombre de cas : 8. Amaurose : 1.
Aggravation : 4.
Statu quo : 2.
Amélioration légère : 2.
Amélioration sérieuse : 2.
Retour ad integrum : 0.
Avec le temps, le nombre des résultats fond sensiblement: 15 résultats immédiats, un an plus tard 12 seulement, et, trois ans après l'opération, nous ne sommes fixés que pour 8 des cas opérés. Que sont donc devenus les T7 cas manquants ? Suivant qu'ils appartiennent aux résultats favorables ou aux défavorables, nous voyons osciller
or e notre moyenne pour chaque variété : c’est bien là ce qui nous empêchera d'arriver à une conclusion exacte.
Une autre cause d’erreur dans cette statistique est la
suivante : dans 2 cas, l’acuité est indiquée avant l’opé-
ration seulement par les mots: « V minime, » ou:
«V très minime. » Il est facile de comprendre la difficulté d'estimer équitablement le résultat obtenu avec un point de départ aussi incertain. |
De plus, Hirschberg, dans 13 cas — sur 15! — donne l’acuité visuelle après l'opération de près avec des verres convexes variant de + 62 à + 16°. Nous avons déjà dit que la détermination de l’acuité visuelle de près était illusoire et servait bien souvent à masquer des résultats peu brillants.
Cependant nous n'avons pas voulu rejeter ces 15 observations, et nous nous sommes efforcé d'évaluer le plus exactement possible les résultats obtenus : dans cette évaluation, l’optimisme l’a certainement emporté sensiblement, et bien des améliorations légères seraient sujettes à discussion.
Hahnloser apporte, au contraire, 13 observations de glaucome observées pendant une moyenne de 6 à 7 ans,
certaines observations même atteignent une durée de
16 ans.
Auteur : HanNLoser (Thèse inaugurale, Zurich, 1896). Nombre d'observations : 13.
Thérapeutique employée : 10 iridectomies, S 4 sclérotomie.
1 iridectomie + 1 sclérotomie.
4iridectomie + 1 sclérotomie +- 1 iridectomie.
Ar Date Lo Résultats immédiats
Nombre de cas : 13.
Amaurose : 3.
Aggravation : 1.
Statu quo: 4.
Amélioration légère : 2, Amélioration sérieuse : 3.
Retour ad integrum : 0.
29 Résultats de un à deux ans après le début du traitement
Nombre de cas : 13.
Amaurose : 3 Aggravation : 0.
Statu quo : 6. Amélioration légère: 3.
Amélioration sérieuse: 4.
Retour ad integrum : 0.
3° Résultats éloignés (plus de trois ans après le début du traitement)
Nombre de cas : 13.
Amaurose : 4.
Aggravation: 5.
Statu quo : 1.
Amélioration légère : 4.
Amélioration sérieuse: 2.
Retour ad integrum: 0.
C'est donc le seul des auteurs qui donne le même nombre de résultats éloignés que de résultats immédiats. La valeur de telles observations est d'autant plus indiscutable qu'elles sont toutes complètes et que l’acuité est toujours prise de loin, avant comme après l'opération. Le succès obtenu par l'opération va constamment en
LNBR décroissant avec le temps et, plus de trois ans après le début du traitement, nous voyons les cas heureux en faible minorité. ae
Dans sa thèse, Hahnloser n'a pas mis en relief ces résultats éloignés du glaucome aigu, car il a réuni en un seul tableau, sous le nom de glaucome inflammatoire, le glaucome aigu et le glaucome chronique irritatif.
Les résultats éloignés des observations d'Hirschberg présentent, au contraire, une forte majorité en faveur des cas favorables ; cette majorité n’est peut-être pas réelle, par suite de l'ignorance où nous sommes des 7 cas manquants. De plus, les observations incomplètes d’'Hirchberg ne peuvent être mises en balance avec celles d'Hahuloser.
Quoi qu'il en soit, la réunion des 7 observations cidessus et des résumés de celles d'Hirschberg et d'Hahnloser va nous permettre d'aborder la question du pronostic.
Thérapeutique : 34 iridectomies.
1 sclérotomie.
10 Résultats immédiats
Nombre de cas: 35
Amaurose : 7 11,5 pour 100.
Aggravation : 9 5,7 &E Statu quo : 7 20 — Amélioration légère: 13 IRAN Amélioration sérieuse : 9 25,7 — Retour ad inteerum: 0 —
2° Résultats de un à deux ans après le début du traitement
Nombre de cas : 25
Amaurose : 4 16 pour 100.
Aggravation: 2 8 — Statu quo : 8 32 — Amélioration légère: 6 24 — Amélioration sérieuse: 5 20 Retour ad integrum: 0 —
3° Résultats éloignés (plus de trois ans après le début du traitement)
Nombre de cas: 21
Amaurose : 6) 23,8 pour 100 Aggravation : 6 28,5 — Statu quo : 3 449 ie Améliorationlégère: 3 14,9 — Amélioration sérieuse : 4 19 — Retour ad integrum: 0 1 le
L'opération amène incontestablementune amélioration pour une grande partie des cas (62,8 pour 100). Le statu quo ne peut être compté comme un succès immédiatement après l'opération. Le nombre des opérés qui sont dans le même élat qu'avant (20 pour 100) est presque égal au nombre des aggravés (17,2 pour 100).
Cette aggravation produite par ou malgré l'opération,
admise par tous les auteurs sous le nom de glaucome foudroyant, atteint ici un taux assez considérable et qui n’a jamais été signalé.
Un an plus tard, les résultats défavorables sont encore augmentés et représentent le quart des opérés (24 pour 100): les cas améliorés ou maintenus dans le statu quo — qui maintenant peuvent être comptés parmi les favorables — composent une forte majorité (76 pour 100). Mais avec les années les cas heureux s’en vont et font place à une poussée nouvelle d’aggravation, telle que, trois
ans après le début du traitement, un peu plus de la moitié des cas (52,3 pour 100) seraient ou amaurotiques ou bien près de le devenir. Les améliorations n’ont persisté que dans un tiers à peine (32 pour 100), pendant que le statu quo est réduit à d’infimes proportions (14,2 pour 100).
En présence de cette décroissance continuelle des cas heureux, il est permis de se demander à quoi arrivent au bout de vingt ans les cas favorables déjà si réduits trois ans après? Il est bien à craindre que, pour la plus grande partie, c'est l’amaurose qui constitue le terme ultime de l’évolution.
Même tels qu'ils sont, ces résultats à trois ans viennent assombrir le pronostic du glaucome aigu dans des proportions qui nous paraissent bien peu en rapport avec les assertions des auteurs pour lesquels l’iridectomie dans le glaucome aigu est sûrement et définitivement curative. : I semble donc qu'il faille en rabattre beaucoup, et le pronostic pourrait se ramener à ceci: Le glaucome aigu est curable seulement dans la moitié des cas environ.
- Est-ce à dire que ce soit Jà le pronostic rigoureusement exact? certes non. La quantité minimed'observations sur lesquelles il est basé et la valeur discutable d'un certain nombre d’entre elles appellent le contrôle sévère d’une statistique plus étendue, que nous souhaiterions vivement de voir établir.