CHAPITRE II LE PRONOSTIC DU GLAUCOME CHRONIQUE IRRITATIF
1° LE PRONOSTIC DES AUTEURS. — De Græfe avait reconnu que les résultats donnés par l’iridectomie étaient beaucoup moins favorables dans la forme chronique irritative que dans la forme aiguë. Il a décrit minutieusement les deux éléments primordiaux avec lesquels on doit poser le pronostic : l’état de la papille et du champ visuel.
Les résultats obtenus seraient très mauvais si le champ visuel est réduit au point de fixation, ou si le rétrécissement, parti d’un point latéral, marche vers le centre. Ils seront meilleurs dans les cas de rétrécissement concentrique.
Mais la véritable base sera Le degré d'excavation et d’atrophie de la papille, l'opération étant impuissante contre les lésions papillaires.
Ces règles établies par de Græfe ont été reprises par tous les auteurs qui n’y ont ajouté que fort peu de chose.
M. de Wecker croit que le pronostic est plus mauvais dans les cas où il n'y a pas eu de période prodromique et où la marche du mal s’accuse par un rétrécissement notable du champ visuel, tandis qu'il a « parmi ses opérés de glaucome chronique irritalif ayant eu une
LABO période prodromique des malades opérés depuis plus de vingt ans qui certainement jouissent d’une bonne vision ».
Fuchs distingue dans le trouble visuel la part qui revient à l’opacité des milieux et celle qui est attribuable : à l’excavation et à l’atrophie papillaire : la première cause disparait par l'opération, tandis que la dernière continue à subsister.
C’est, en somme, D du des iées de de Græfe:
ici encore, comme pour le glaucome aigu, l'absence de chiffres ne permet pas de se faire une opinion sur la eurabilité du glaucome irritatif. On nous dit bien qu'il est moins curable que l'aigu, mais encore faudrait-il connaître FA Sr proportion.
° ÜBSERVATIONS ET STATISTIQUES. — Bien que pour la . classique irritalive nous ayons pu réunir un plus grand nombre d'observations que pour le glaucome aigu, nous n'avons pu en utiliser que fort peu. La grande quantité d'observationstrès incomplètes dontnousn’avons pu nous servir s'explique suffisamment par les exemples suivants :
. Ce sont d’abord 2 observations de Windsor (Manchester Hospital, 1866): l’une ne donne pas l’acuité après l'opération, tandis que l’autre la donne en termes vagues : grande amélioration de la vue durant encore six mois après. | se
Puis, 2 observations du professeur Quaglino viennent ensuite. Dans l’une, le malade, qui voyait les doigts à 1 mètre avant l’opération, les voit toujours à 1 mètre après, mais plus facilement (!) : résultat de seize jours. Dans la deuxième, il ne donne encore qu’un maintien du statu quo de dix-neuf jours.
Qu'il nous soit permis de faire remarquer que ces 2 observations font partie des 5 observations de Quaglino que M. de Wecker trouvait assez concluantes pour l’encourager à faire la sclérotomie. Ensuite, 1 observation de Magri (Annali di Ottalmologia, 1873), dans laquelle l’acuité n’est pas indiquée avant l'opération ; et 2 cas du D° Rosminrori opérés chacun 2 fois d’une scléroticotomie interstitielle : Résultat excellent, est la seule indication, et elle est du lendemain de l'opération.
Enfin, 2? observations du D' Sgrosso de glaucomes irritatifs, opérés par le procédé de de Vincentiis : statu
quo pour un cas, amélioration sérieuse pour l’autre. Malheureusement ce sont les résultats du douzième ; jour après l'opération.
De celles qui nous restent après cette sélection, nous n’en publierons que 6 #7 extenso : les observations nombreuses d'Hirschberg, Manolescu, Hahnloser seront après résumées, comme nous l'avons fait ci-dessus pour le glaucome aigu.