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“e | lon range dans les glaucomes chroniques des cas où l’excavalion est due non à une augmentation de tension,
mais à un ramollissement de la papille qui cède à une
tension normale. Si l’on compare l'excavation glaucomateuse à une hernie vue par en dedans, on devrait admettre, d'après M. de Wecker, qu'à côté de la hernie de force — glaucome — il y a une hernie de faiblesse — faux glaucome. ; |
Mais ce ramollissement de la papille est une simple hypothèse qui se soutient difficilement. Pour la défendre, M. de Wecker est obligé de faire appel à toute son imagina{ion: |
Pour expliquer que ce faux glaucome a les mêmes symptômes que le vrai, moins l'hypertonie appréciable, il lui faut aller jusqu'à supposer que la même maladie qui a entraîné le ramollissement de la papille peut aussi porter ses effets sur les fibres de la troisième paire, en partieuher sur les nerfs ciharres !
Une hypothèse gratuite en appelle une autre non moins gratuite, et de Wecker suppose encore (!) que dans le faux glaucome les opérations seraient mauvaises, mais que les mvyotiques, aptes à réduire la tension oculaire méme physiologique (?), donneront de bons résultats. Cette fausseté du glaucome ne serait-elle qu'apparente ?
M. de Wecker cherche aussi à établir que l'on peut faire des erreurs de diagnostic dans les cas d’atrophie papillaire portant sur des papilles à vastes excavations physiologiques. Cette cause d’erreur est certainement fort rare et assurément ne peut se rencontrer dans la moitié des cas où l'opération n'arrête pas le glaucome simple.
Si nous envisageons la question de plus haut, nous
voyons que M. de Wecker ‘est resté dans cette idée que
dans le glaucome tout est sous la dépendance de l'hypertonie. [l ne veut pas admettre d'autre facteur et dès lors nie le glaucome chaque fois qu’une opération hypotoni-
sante n’amène pas la guérison. C’est, je erois, une vue
étroite de la question, si elle a le mérite de la précision et de la simplicité. Mais avec de Græfe tout le monde a compris qu'il y avait des cas de glaucome où l'on ne pouvait établir de relations précises entre la chute de la vision et le degré peu élevé de la tension. De Wecker à essayé d'expliquer ces difficultés par le faux glaucome ; mais la gratuité de cette hypothèse apparaît bien dans la
faiblesse des arguments qu'il avance pour la soutenir. »
Cette réfutation de la doctrine du faux glaucome nous semble plus que suffisante pour n'avoir pas à tenir . compte de cette pseudo-affection dans l'établissement du pronostic du glaucome simple.
Nous ne nions pas la difficulté qu'il ya à rapporter à l'hypertonie certaines excavations à type glaucomateux, nous croyons seulement que l'explication n’est pas celle donnée par M. de Wecker.
Nous citerons, à litre de document, les conclusions de Schnabel sur l'examen clinique et anatomo- -pathologique d'un cas de glaucome chronique double avec hypertonie minime, modifications iriennes peu prononcées, excavations glaucomateuses caractéristiques: V — 1/2 des deux côlés, CV — presque normaux. Schnabel a trouvé une atrophie des nerfs optiques s'étendant au-delà du chiasma, ce qui lui à fait penser qu'il s'agissait d’un processus glaucomateux portant sur le nerf optique et y déterminant une névrite interstitielle.
re Le Poe
C'est bien la preuve qu'il y à autre chose dans le glaucome que l’hypertonie et que les Phnions ne peuvent rien contre ce quelque chose.
Pour que la thérapeutique fasse un pas, il faudrait que toutes les inconnues du problème fussent connues : tant que nous resterons en présence de cet + mystérieux, il y aura toujours place pour le roman médieal.
2° OBSERVATIONS ET STATISTIQUES. — Comme pour le glaucome aigu et le glaucome irritatif, nous n'avons pu utiliser toutes celles que nous avons trouvées.
Ce sont d’abord 2 observations du professeur Quaglino, les 2 dernières de ses 3 observations sur la selérotomie. L'une ne donne que des résultats immédiats sans indiquer d’ailleurs l’acuité ni avant ni après l'opération ; l’autre donne des résultats fort vagues ou peu encourageants: V — améliorée, et V — 0 ; sans dire combien de temps après l'opération ils ont été notés.
Puis 3 observations de Windsor (Manchester Hospital, 1866) qui sont réduites à fort peu de chose: 2 ne donnent aucun résultat, et la troisième se contente de résultats à un mois.
C'est encore une statistique du D' Bull de New-York (1889) de 150 iridectomies pour 180 glaucomes chroniques : le manque de précision nous interdit de nous en servir. La voici, d'ailleurs: ;
Dans 2 cas, vision améliorée, quelques mois des deux côtés ; e
Dans 10 cas, vision améliorée, quelques mois pour un seul œil :
Dans 8 cas, statu quo pour les deux yeux;
Dans 20 cas, s{atu quo pour un des yeux;
Robe
Dans 40 cas, vision périclite lentement pour les deux yeux ; DE
Dans 28 cas, vision périclite lentement pour un des deux yeux;
Dans 2 cas, perte rapide de la vision pour les deux yeux;
Dans 8 cas, perte rapide de la vision pour un des deux yeux.
Telle est cette statistique, dont il est impossible de rien conclure sans avoir le détail des observations.
Enfin, nous en résumerons une qui, bien qu'incomplète, n’enoffre pas moins un réel intérêt: Priestley Smith, dans l'Ophtalmic Review de 1886, cite un cas extraordinaire de durée d’un glaucome chronique double.
Le malade vu en 1865 par Bowman avait :
OD:T=+1,V— 23 OGTF= EL V=1R
Vingt ans après, en 1885, Priestley Smith trouve :
OD:T = +1, V =1/8 OG: T=+1, V —=14/5 enviren
Les deux yeux présentaient une excavation glaucomateuse considérable. Priestley Smith pratiqua une
double iridectomie, qui donna comme résultat : Ventre
des deux côtés.
L'opportunité d’une intervention chirurgicale est extré-
mement discutable; d’abord du fait de l'extrême lenteur
de la marche de l'affection, ensuite du fait de l’excavation qui s’accompagnait d’un degré plus ou moins avancé d’atrophie à laquelle l'iridectomie ne pouvait être utile.
Il nous eût semblé plus rationnel, dans le cas actuel, d'instituer un traitement par les myotiques qui eût sans doute donné d’aussi bons résultats. L'ignorance dans laquelle nous sommes de ce qu'il en advint par la suite nous empêche de juger la question.