‹ Essai Sur Le Pronostic Du Glaucome PrimitifChapitre 23 sur 29 · CHAPITRE HI LE PRONOSTIC DU GLAUCOME CHRONIQUE SIMPLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI LE PRONOSTIC DU GLAUCOME CHRONIQUE SIMPLE

1° LE PRONOSTIC DES AUTEURS. — Dans le mémoire de 1858, de Græfe n'avait pas exprimé son opinion sur les résultats de liridectomie dans le glaucome chronique : il avait été frappé du nombre de cas qui, après une amélioration de quelques mois, s’aggravaient de nouveau. Cependant il formule comme règle que le pronostic est d'autant plus mauvais que l’excavation du nerf optique a commencé plus tôt et que le champ visuel est plus rétréci.

Ce n’est qu'en 1870 qu’il donne les bases du pronostic - tel qu'il est resté à peu de choses près jusqu’à nos jours.

Dans une première catégorie il place les cas dans lesquels l'opération est suivie d’une amélioration progressive de la vision et d'une diminution de la tension : elle -<omprendrait 50 pour 100 des yeux opérés.

Le siatu quo serait obtenu pour une deuxième catégorie avec une ou deux opérations : succès déjà moins nets qu'il évalue à 25 pour 100.

Enfin, une troisième catégorie n'avait que des résultats temporaires transformés quélanefnis en durables par une deuxième intervention.

De plus, 2 pour 100 des opérations seraient immédiatement suivies de la perte de l'œil par évolution maligne.

En résumé, de Græfe évalue le nombre des résultats favorables à 75 0/0: 50 pour 100 d'améliorations progressives et 25 pour 100 de séatu quo.

Ces chiffres ne semblent pas avoir été admis sans réserves par tous les auteurs. Le Professeur Panas écrit que « les insuccès sont la règle dans la forme chronique simple » pour l’iridectomie et se déclare partisan d’un traitement persévérant par les myotiques en ajoutant, s’il le faut, la sclérotomie. Cette médication par les myotiques, préconisée par le Professeur Panas, semble d’ailleurs vouloir s'imposer de plus en plus dans le traitement du glaucome simple.

« D’ordinaire, par l’opération, l’acuité visuelle est maintenue dans le statu quo, tout au plus est-elle légère-

ment améliorée, » déclare Fuchs. Et plus loin il parle des

cas malheureux dans lesquels l'intervention semble précipiter la marche de l'affection.

Le D' Laska a fait une statistique avec 89 observations prises par Fuchs pendant une période d’une durée moyenne de cinq ans : c’est dire toute l’importance qu'il faut y attacher.

Il trouve que, dans 19 cas, il y a eu amélioration légère ou salu quo, et dans 20 cas il y à eu aggravation. Cela ne fait donc que 50 pour 100 de cas favorables, au lieu des 75 pour 100 de de Græfe.

Avec de Wecker le pronostic semble être moins pessimiste et se rapproche presque entièrement de celui de de Græfe : « IL y a donc une série de cas dé glaucome chronique simple que nous évaluons à 30 pour 100 des

De + cas, dans lesquels l’iridectomie n’enraye nullement la marche de l'affection. »

Par da suite, M. de Wecker a dû trouver son appréciation première par trop optimiste, car, pour expliquer la

proportion si forte d'échecs opératoires, il à émis l’hypo-

thèse du faux glaucome sur lequel il va rejeter la plus grande partie des cas malheureux, en arrivant presque à dire : ce qui ne guérit pas par une opération antiglaucomateuse n’est pas du glaucome.

De Græfe avait vu que l’on ne trouve pas toujours un rapport rationnel entre le degré d’excavation du nerf optique et les symptômes d'augmentation de pression. « Nous ne pouvons nous expliquer ici l’excavation de la

papille par une augmentation de pression, puisque tous

les autres symptômes qui doivent accompagner cette augmentation font défaut. »

En 1864, Haffmann, élève de Donders, dans un mémoiresur leglaucome, faitrentrer l’amaurose avec excavation dansle glaucome. La même année, de Græfe se range aux idées de Donders et considère l'amaurose avec excavalion comme faisant partie du glaucome simple.

M. de Wecker a donc séparé à nouveau du glaucome simple l’'amaurose avec excavation et l’a appelée faux glaucome. |

Mais cette hypothèse de M. de Wecker résiste mal à

la critique. Voici les sérieux arguments que nous devons,

sur ce point, à l'extrême obligeance de notre maître, M. Rochon-Duvigneaud :

« De Wecker prétend que, si l’on voit un trop grand

nombre de glaucomes chroniques non guéris par l'opé-

ation, c’est que l’on fait des erreurs de diagnostic et que

Page 1