‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 101 sur 327 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Dacie Trajane obéirent effectivement aux ordres d'Âtirûien, qu'ils vinrent en Mésie; que mal couverts contre les invasioEis par le Danube seul, ils se réfugièrent, avec les colons de Mésie parlant latin, dans les Alpes Dinariques, dans le Pinde et dans les Balkans. De là, les uns passèrent en Epire, en Macédoine, en Thessalie où on les trouve encore ; les autres gagnèrent peu à peu du terrain dans la Bulgarie et franchirent le Danube vers le commencement du xni* siècle. C'est alors, en effet, que l'histoire mentionne pour la première fois des Valaques au nord du fleuve*.

Il est certain que l'on n'a trouvé sur le sol de l'ancienne Dacie aucun monument postérieur au règne d'Aurélien. Si humble qu'on suppose la vie des colons restés dans leur résidence paternelle, ils auraient eu sans aucun doute des relations commerciales avec les autres parties de l'empire, et on trouverait dans le pays des dépôts de monnaies, indices de ce commerce. On n'a pas découvert de tels dépôts '. On ne comprendrait pas non plus que Constantin, qui vainquit les barbares et rétablit même quelques ouvrages militaires sur la rive septentrionale du fleuv^, n'eût pas fait rentrer dans la famille romaine ces membres délaissés dans des temps malheureux, sous le poids d'une nécessité que ses victoires faisaient disparaître. On ne cite aucun effort de lui dans ce sens. L'histoire, autant qu'il me semble, concourt donc avec la philologie pour faire admettre l'opinion de M. Roesler^. L'empreinte romaine n'en paraîtra que plus puissamnient gravée au cœur de ce peuple qui emportait au loin, et gardait au milieu de tant de traverses sa langue et ses souvenirs, et qui patiemment, en dépit d'obstacles de tous les genres, a repris le sol qu'avaient possédé ses ancêtres, et fait siens, à l'est, des territoires où Rome n'avait jamais porté ni son idiome, ni ses armes, ni même son nom.

Page 1