CHAPITRE V
GOUVERNEMENT INTÂRlSOil. ESPRIT OÉMÂRAL.
A peine commençons-nous à renaître, écrivait Tacite au début du règne de Trajan, quoique dès l'aurore de cet heureux siècle, Nerva César ait uni deux choses autrefois incompatibles, le principat et la liberté*.
Cette union a duré cent ans environ, depuis Tavénement de Nerya jusqu'à la mort de Marc-Aurèle, et cette période de rhistoi& romaine a été justement nommée, par Gibbon et par He^wisch*, la plus heureuse pour le genre humain.
Il ne faudrait pas néanmoins se méprendre sur le sens des paroles de Tacite, tout pénétré de la joie qui éclata parmi les sénateurs à la mort de Domitien. Le changement du prince n'introduisit pas dans la constitution de modifications profondes. Si, en efifet, l'on cherche dans l'histoire bien mutilée du n* siècle le caractère particulier de cette période, si l'on veut démêler les ressorts de ce gouvernement qu'on est tenté de croire nouveau, on est frappé de ce fait que les réformes les plus justement vantées des Antonins avaient été ébauchées par les premiers Césars.
Adoucissement graduel du sort des esclaves^, élargissement