‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 115 sur 327 · Panég · texte numérisé non relu

Panég

10. On le devine par une lettre adressée à Pline, Ep. ad Traj., 10.

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avantages politiques et civils que la loi Popaea réservait aux. pères de famille, Trajan promit au Sénat de ne distribuer chaque année qu'un petit nombre de ces faveurs, et il tint religieusement cette promesse ^

La puissance tribunitienne dont il était revêtu lui donnait le droit de veto ou dUntercessio sur toute mesure prise par le Sénat, et le rendait inviolable, en attachant à sa personne la majesté du peuple romain, protégée par des lois exceptionnelles. Les hommages que Trajan rendit au Sénat, la liberté qu'il laissa à ses délibérations, Tessor qu'il voulut imprimer à son initiative, nous permettent d'affirmer qu'il usa peu, qu'il n'usa peut-être jamais du droit à'intercessio, bien que nous n'en ayons pas de preuve directe. Quant aux lois de lèse-majesté, elles restèrent sous ce règne une lettre morte, et la plus grande préoccupation du prince était de convaincre ses sujets qu'il répudiait cette arme terrible*. Non-seulement il ne voulut pas s'en servir pour sa défense, mais il chercha à l'émousser pour l'avenir en punissant les délateurs avec une sévérité dont le souvenir ne s'efiboerait jamais^ et en enlevant, dans les procès politiques, toute valeur au témoignage des esclaves contre leurs maîtres ^

Renoncer aux lois de lèse-majesté ! Ces mots caractérisent tout un règne, car tous les faits sociaux qui lui donnent sa couleur : intimité plus grande dans la famille, adoucissement des rapports entre les maîtres et les esclaves, transmission paisible des propriétés, aisance répandue dans toutes les classes de la nation, sont les conséquences de cet abandon aussi habile que généreux. Â peine délivrées, par cette abrogation tacite, de la crainte incessante qui pesait si lourdement sur elles, les âmes retrouvent leur puissance et leur ressort ; la vie, redevenue partout active et libre, reprend son cours.

hHmperium donnait à Trajan la haute main sur toutes les afifaires de l'armée, Iq^^omnoïv proconsulaire l'investissait d'une autorité suprême dans les provinces : nous étudierons à part ces deux branches de son gouvernement. Il usa de son droit d'initiative (jus relationis) pour soumettre au Sénat un plus grand nombre d'affaires que ses prédécesseurs, et laissa aux votes de

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