Pline, Bp. ad, Traj
travaux considérables qu'il exécuta dans Rome fournissaient à des milliers de bras une occupation lucrative ^ : d*autre part, le prix des subsistances, rendues plus abondantes, fut abaissé. Trajan permit la libre circulation des grains dans toute l'étendue de l'empire ; cela, dit justement Pline, équivalait à un congior- Hum perpétuel*, car cette liberté rendue au commerce est Texpédient le plus efficace pour prévenir les disettes. De plus, Trajan releva le collège des boulangers', créé sous Auguste, mais dont les services avaient cessé peu à peu. Un firagment d'IHpien, que Mai a découvert, nous apprend que ce collège renfermait cent membres^, et qu'entr'autres privilèges que lui conféra Trajan était l'exemption de la tutelle. Le corpus pistorum^ adoôinistrè par deux questeurs élus par lui, dépendait naturellement du préfet de l'annone^. Probablement, il cédait au fisc, à un prix très-bas, une quantité de blé calculée pour que Rome eût toujours un approvisionnement suffisant, et dans les années de disette, le âsc revendait ce blé aux citoyens au prix coûtant. Quoi qu'il en soit, les règlements de Trajan étaient assez judicieusement combinés pour qu'en tenant la main à leur exécution, un gouvernement vigilant fût toujours en mesure de parer, pendant sept ans, aux b^ins de la consommation dans la capitale*.
A cette mesure qui assurait l'alimentation publique, Trajan ajouta la distribution d'eaux abondantes et salubres. Déjà Nerva avait fait réparer VAqua Marcia qui était au premier rang, pour la qualité, de celles qui arrivaient dans Rome. Trajan améliora l'eau dite du Nouvel Anio (Anio Novu^) en faisant ouvrir le canal de dérivation plus près de la source du fleuve, avant qu'il n'eût passé au milieu de terres ai^ileuses qui troublaient sa limpidité. Par là, dit Frontin ^, nous aurons une eau sdpérieure à la Marcia, et qui la surpassera par son abondance.
1. Voir un mot de Vespasien dans Suétone, Vesp,, l6. t; JPOn^r., 29.