Notre n
voies romaines, aux frais des municipes situés dans le voisinage et que la communauté des intérêts poussait à se rapprocher. Des villages du Portugal et de l'Estramadure dont on ne retrouve plus la place * faisaient construire au-dessus du Tage un pont magnifique qui domine de soixante mètres les eaux du fleuve '. On conçoit que de tels monuments aient perpétué le nom de Trajan dans une contrée qui pouvait d'ailleurs, à juste titre, se montrer fière de l'avoir vu naître, et on s'explique que la reconnaissance nationale y fasse attribuer au même empereur, sans preuve suflisante, tous les édifices romains dont la solidité ou la grandeur éveillent l'admiration ^.
Nous avons étudié plus haut ce qui concerne l'administration de Trajan dans la Germanie et dans les provinces du Danube.
Dans l'Orient, pourvu depuis longtemps de toutes les ressources de la civilisation, Trajan eut moins à faire : il y laissa pourtant des marques de son activité et des fondations généreuses. La statue que les Grecs lui avaient élevée à Olympie* ne paraît pas un hommage banal, mais bien un remerciement pour quelque bienfait considérable. L'abondance des capitaux dans la Bithynie^ témoigne de l'état florissant dont jouit la province dès quç les abus les plus criants eurent été réformés, et nous sommes autorisés à croire que toutes les provinces asiatiques étaient dans une situation également heureuse. Antioche fut dotée de monuments somptueux et utiles^.
L'Egypte vit s'étendre et s'améliorer la navigation du canal qui reliait le Nil à la Mer Rouge. Créée sous Cambyse et Darius', délaissée par les derniers Achéménides, rétablie par Ptolémée Philadelphe* et soigneusement entretenue par les premiers Césars, cette voie navigable ne fut abandonnée qu'au iii^ siècle de notre ère®. Trajan en agrandit l'embouchure : de plus, il porta la prise d'eau du Nil à Babylone, c'est-à-dire à soixante
1. Sur onze peuples dont les noms sont inscrits sur le pont d'AIcantara, deux seulement ont pu être identifiés.
2. flùbner, Corpus, p. 90. Delaborde, Itinéraire de VEspagne, II, p. 116.
3. Par exemple le pont de Salamanque et Taqueduc de SégOYie. Hûbner, Corpus, etc., p. 110, 379.