‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 173 sur 327 · Ad Trajan., 3. Ep,, III · texte numérisé non relu

Ad Trajan., 3. Ep,, III

2. Amotum erat quod in ejusmodi causis solet esse tristissimum, péri* culum senatoris. N^oublions pas qu*il i^oute avec ingénuité : Videbam ergo advocationi meae non minorem gratiam quam si viveret lUe [iropositam, invidiam nullaœ.

3. Stabat modo consularis, modo septemvir epulonum, jam neutrum. Brat ergo perquam onerosum accusare damnatum quem, ut premebât atrocitas criminis, ita quasi peracte damnationis miseratio tuebatur.

4. Marcus Priscus dut verser dans le trésor public les sept cent miUe sesterces qull avait reçus pour faire mettre à mort un cbevaiier romain, et il fut banni de Rome et de Tltalie. Quelques sénateurs demandaient qu'indépendamment du versement au trésor, aucune peine ne fût ajoutée à la condamnation pour concussion. Ils jugeaient sans doute que cette

n est curieux de voir un esprit de corps si vif et si inquiet se développer dans le Sénat à une époque où la communauté du titre liait seule encore ses membres, appelés à Rome de toutes les parties du monde connu et étrangers les uns aux autres par leurs origines comme par leurs intérêts domestiques, et l'on voit que, sans avoir dicté des acquittements scandaleux comme au septième siècle de Rome, cet esprit inspira néanmoins des décisions assez critiquables. L*étude des proc^ analysés dans la correspondance de Pline ne me paraît donc pas justifier l'opinion qui accuse les empereurs d'avoir travaillé, d'une façon méthodique, à l'abaissement du Sénat et à la réduction de ses privilèges : on peut regretter, au contraire, qu'ils lui en aient laissé d'exorbitants. Cette étude me sanble également peu favorable au préjugé qui attribue aux Césars l'établissement de mesures plus propres que la législation républicaine à garantir la sécurité des provinces : cette législation fot conservée et inopportunément adoucie ^ En même temps que Tordre s'établissait dans le vaste empire romain, l'équité s'introduisit, il est vrai, dans le gouvernement des provinces, mais ce fut moins l'effet de réformes législatives qu'un résultat général dû à l'apaisement des compétitions politiques* et surtout au développement croissant du travail, à la diffusion de la richesse et au progrès des classes moyennes signalé, à toute époque, par une probité plus grande apportée dans la gestion des affaires publiques.

condamnation s'appliquait au meurtre juridique, la loi de repdundis ayant en effet prévu cet abus de pouvoir : ne quis... ob hominem condemnandum... aliquid acceperit (Dig,, XLYm, tit. XI, 1. 7 pr.). Au commencement du règne de Vespasien, Antonius Flamma, proconsul de Cyrénaique sous Néron, fut condamné aux mômes peines que Marius Mbcus c damnatus loge repetundarum et exsillo ob saevitiam (Tacite, HiU,' iy,45).

t. Juvônal, SaU, I, 49 :

et hic damnatus inani

Judicio (quid enim salvis infamia nummis?)

Bzul ab octava Marius bibit, et fruitur Dts

Iratis : at tu victrix provincia ploras.

% Sous la République les proconsuls pillaient les provinces pour leftiire leur patrimoine dissipé dans les dépenses électorales et surtout dans lea frais énormes de rédiUté.

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