Pline, ad Traj. 2, 48, 107, etc
que cet auteur s'est trompé et s*est fait Técho des traditions qui avaient cours à son époque sur les habitudes et les sentiments de Trajan, auquel la vénération populaire attribuait une équité el une bonté contrastant avec la morgue et le formalisme des autres empereurs.
Revenons maintenantaux textes épars dans le Digeste, etd'abord à ce qui touche la législation civile. Nous signalerons en premier lieu l'adoucissement du pouvoir monstrueux que le droit ancien donnait au père sur ses enfants. Papinien rapporte que Trajan força un père qui maltraitait son âls, contre toute affection naturelle, à émanciper le jeune homme, et celui-ci étant venu à mourir quelque temps après, le père fut exclu de la succession, conformément à Tavis de Neratius Priscus et d'Ariston *.
Le prince veilla aussi aux intérêts des mineurs. Les exemptions de tutelle furent strictement bornées aux cas que les lois avaient spécifiés*; et tandis que la gestion des biens du mineur était soumise à des règles plus sévères^, on donna recours au pupille contre le magistrat qui, dans la tutelle dative, n'aurait pas exigé du tuteur qu'il daignait et des fidéjusseurSy garants de l'obligation du tuteur, des cautions suffisantes^. En revanche, les actes d'administration du tuteur, faits de bonne foi, furent rendus inattaquables et lièrent le pupille, mesure d'ailleurs favorable à ce dernier, car s'il en eût été autrement, personne n'aurait voulu traiter avec son tuteur ^.
Une lettre de Trajan à Pline nous fait connaître le sentiment de l'empereur sur les enfants abandonnésde leurs parents, recueillis par des étrangers, et élevés par ceux-ci dans la servitude*. La coutume barbare de l'exposition était si générale dans le monde ancien' que dans chaque pays le législateur avait dû toucher à la question, et partout où Rome avait trouvé des lois établies sur ce sujet, elle les avait respectées et les faisait observer par le proconsul, mais en Bithynie rien de tel n'existait, et Trajan pouvait y faire prévaloir ses vues propres. Il se montre complètement favorable à l'enfant, qu'il déclare apte à réclamer la liberté sans être tenu à la racheter par le remboursement des aliments qu'on