‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 187 sur 327 · Ibid., i · texte numérisé non relu

Ibid., i

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tait d'éliminer ceux dont le caractère ou les mœurs menaçaient d'exercer sur leurs compagnons une influence fâcheuse *. Il craignait pour les soldats le séjour des villes, les habitudes du bienêtre qu'ils y pourraient prendre, et il s'attachait à les écarter le moins possible de leurs camps, même pour les besoins d'un service public*. Jusque dans ces camps il redoutait l'oisiveté, et la prévenait par des exercices continuels, que les jours fériés ne devaient pas interrompre, alors que les affaires civiles étaient suspendues*. 11 ne donnait les grades qu'à des hommes dont il avait apprécié la fermeté et la bravoure ^ mais l'épreuve une fois faite et la nomination signée, il respectait le pouvoir qu'il leur avait conféré et n'y portait aucune atteinte détournée ou directe ^. Sa présence aux armées ne changeait rien aux habitudes du service, et les officiers conservaient toute leur autorité sur les soldats.

Domitien, cédant à la jalousie et à la crainte que lui inspiraient les généraux les plus capables, leur faisait mauvais visage et leur témoignait peu d'égards, tandis qu'il se montrait tolérant pour les infi?actions à la discipline, afin de mettre en perpétuelle opposition les soldats et les chefs, et d'enlever à ceux-ci leurs moyens d'action et les forces qu'ils auraient pu tourner contre le prince. Trajan, au contraire^ leur prodiguait les marques de sa confiance, récompensait magnifiquement leurs actions d'éclat, leur faisait décerner par le Sénat les distinctions les plus brillantes ^ Toute l'armée se sentit honorée dans ses chefs; un nouvel esprit la pénétra et la releva. Les soldats redevinrent déférents et dociles ''. Pline insiste avec raison* sur cette réforme si bien conçue qui assurait l'efficacité du commandement et l'autorité hiérarchique des ofSciers en rétablissant leur autorité morale. Trajan en recueillit bientôt les fruits ; il ne fit que des guerres heureuses, car les revers qu'offre celle des Parthes sont dus, comme nous le verrons, à des fautes politiques plutôt que militaires, et la bonne organisation de l'armée en restreignit les

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