‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 188 sur 327 · Plin., Panég., 1. L · texte numérisé non relu

Plin., Panég., 1. L

conséquences. Mais dès Tan 99, un fait caractéristique nous montre à quel point Trajan se sentait déjà maître des soldats. A son retour de Germanie, il jugea, en jetant un coup d'oeil sur la situation de ses finances, qu'il ne pourrait donner à la fois au peuple un congiarium, à l'armée un donativum aussi élevés que ses prédécesseurs. C'est sur le donativum que la réduction porta, et les soldats ne reçurent qu'une partie de ce qu'ils attendaient*. Il n'est pas besoin d'une profonde connaissance de l'histoire de l'empire pour apprécier ce qu'il y a de hardi dans une telle mesure, et de surprenant dans le calme au milieu duquel elle reçut son exécution.

Pour accomplir ces changements considérables', Trajan trouva son point d'appui dans l'amour même qu'il inspirait à toute l'armée, depuis les généraux jusqu'aux derniers soldats. Il avait conquis leur afiection par une patience infatigable et un 'dévouement à toute épreuve, mis au service d'une idée bien arrêtée. Cette idée, la voici exprimée par Dion Chrysostôme dans un de ses discours, écho des propos qui s'échangeaient autour de la table de l'empereur, quand il causait sans réserve avec ses amis et sollicitait leurs conseils avec autant de bonhomie que de sagesse : k Le prince qui dédaigne les soldats, qui ne va pas ou « va rarement les visiter au milieu des périls et des fatigues qu'ils « endurent pour défendre l'empire, et qui réserve son affection « pour la populace, agit comme un berger qui ne connaîtrait pas « ceux qui gardent son troupeau, ne leur donnerait pas à man- € ger, ne songerait pas k veiller quelquefois avec eux. Et alors « il persuaderait, non-seulement aux bêtes sauvages, mais aux « chiens eux-mêmes que le troupeau ne mérite pas d'être ménagé. « Celui qui efiemine les soldats par des délices, ne les exerce ni « ne les fatigue, celui-là ressen]ï)le à un pilote qui corrompt ses « matelots en les laissant dormir et manger tout le jour, sans « souci de la cargaison ni du navire qui va périr > '. Tel, en effet, se montra toujours Trajan pour les soldats. Vis-à-vis d'eux, il était bon sans faiblesse, mais toujours affable. Il accueillait leurs requêtes avec bienveillance*. Il facilita les formalités du

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