‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 226 sur 327 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

LA SOGléré ROMAINE SOUS TRAJAN.

Dès le commencement du deuxième siècle l'empereur a pris et Ta garder, dans le monde romain, une si grande place que Thistoire entière paraît se réduire au récit de sa vie et à Texposé de son système de gouvernement. Tacite n'aura pas de continuateur. Les biographies composées par Suétone et Marins Maximus ou, pour mieux dire, les anecdotes et les menus détails qu'ils ont compilés suffiront, aussi bien que les maigres notices postérieures de Spartien et de Lampride, à satisfaire la curiosité de sujets de plus en plus dévoués à leurs maîtres et habitués à voir en eux les arbitres tout puissants de leur destinée^ Mais nous ne saurions nous contenter de ce point de vue auquel les anciens, par le peu de répugnance qu'ils témoignent à l'adopter, semblent nous inviter à nous placer avec eux. A toute période, l'historien doit s'enquérir de la condition et de la vie morale des. gouvernés, et les aller chercher à l'arrière-plan où les ont relégués les malheurs des révolutions ou leur propre indifférence sur leurs intérêts véritables. Nous ne pouvons donc nous dispenser de jeter un rapide coup d'oeil sur la société au temps de Trajan.

Malheureusement, les documents où l'on puise l'intelligence de cette époque sont fort rares, et leur emploi ne laisse pas que d'ofirir quelque danger. C'est chez Pline, chez Juvénal, chez Martial qu'il faut aller chercher les traits caractéristiques des mœurs et de l'esprit du temps. Or Pline, qui ne vécut guère que

1* Sunt cuncta sub uniua arbitrio, qui pro utilitate commuai aolua omnium curas iaboretque suscepit. Plio., Ep,^ 111, 20.

Parthes en son propre nom , et voulut que Trajan seul eût la gloire des succès dus à ses efforts. Dans le char, que précédaient le sénat et l'armée, et qui parcourait la Via Sacra au milieu de la foule attristée, se dressait la statue du grand homme'. Ses cendres, renfermées dans une urne d*or, furent placées sous la colonne qui porte encore son nom*. Il est le seul empereur dont les restes aient reposé dans Tenceinte de la Ville Eternelle^.

1. y. la médaille TRIVMPHVS PÀRTHIGVS (Ck)ben, 280). Pour perpétuer le aoovenir des victoires de Trajan, Hadrien institua des ludi partkM auxquels présidait un praetor parthkarius {Corp. hue. lot., I, p. 378, II, n* 4110). Célébrés pendant quelques années, ces jeux étaient, au moment où Dion écrivit, tombés en désuétude. V. dans la Gazette archéologique (1'* année, 1875), des fragments de vases en terre cuite publiés par M. de Witte où paraît représenté le triumphus parthicus.

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