‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 227 sur 327 · Eutrop., VIII, 5. On ignore quand cette urne fut enlevée · texte numérisé non relu

Eutrop., VIII, 5. On ignore quand cette urne fut enlevée

3. Par une dérogation à la loi des Douze tables (tab. X, fragm. I.), dérogation dont il y avait d'ailleurs quelques exemples (Gic. De legéb,, II, 5S). L'assertion de Servius ad Aen., XI, v. 206 est erronée.

Bien que la religion gardât encore les apparences de la solilité, que les cérémonies du culte fussent aussi magnifiques et aussi Téquentes que par le passé* et que le langage officiel ne laissât ipercevoir aucun affaiblissement des croyances*, il est certain jue le polythéisme grec et romain avait déjà perdu toute'influence $ur les esprits éclairés , et qu'il ne conservait quelque crédit sur les autres qu'en se rajeunissant par l'admission de dogmes égyptiens ou asiatiques, et en se dénaturant de plus en plus par ce mélange. Cette introduction de dieux et de rites étrangers, systématisée plus tard, était alors absolument spontanée et se développait au gré de l'instinct populaire, car les philosophes assayaient à peine de soumettre à leurs interprétations savantes 3t à leurs combinaisons ingénieuses la masse Incohérente des traditions de toute provenance répandues dans l'ancien monde, 9t les politiques ne songeaient pas encore à sauver, par ce rajeunissement artificiel et par un appel désespéré aux vieilles croyan- Cîes, des cérémonies et des dogmes dont la fin devait coïncider avec celle de la civilisation antique. A cette époque, les uns et les lutres n'éprouvaient guère que du mépris pour les religions venues i'Orient et applaudissaient aux mesures prises de temps en temps par les empereurs pour en arrêter la diffusion. En dépit de toutes les entraves, elles recrutaient des adhérents chaque jour plus nombreux, tant les âmes étaient à ce moment emplies d'aspirations religieuses et tourmentées de l'infini. Peu de périodes de l'histoire offrent, au même degré que le second siècle, les ardeurs et les inquiétudes de la piété ; jamais peut-être l'homme n'a ressenti des élans plus vifs vers la conquête d'un nouvel idéal et ne j'est cru plusprèsdu succès. Le sentiment religieux débordait avec violence, emportant les digues qu'on lui opposait et bouleversant le lit dans lequel on voulait enfermer et l'égler son cours. Plutarque, qui cherche, en bon prêtre d'Apollon, à maintenir l'intégrité des croyances anciennes, se montre plus préoccupé de la superstition qui les envahit chaque jour, que du scepticisme^, de m^e que, dans un autre domaine, les pères apostoliques s'inquiètent moins du rationalisme que de l'hérésie. Lucien et Celse n'apparaîtront que dans un demi-siècle ; actuellement le danger n'est pas là. Le polythéisme ancien, et surtout la religion étroite

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