Plin., Paneg*, passim
3. 11 ne combat, sous ce rapport, que les Épicuriens. Dans un passage, il va jusqu'à dire que Tathéisme vaut mieux que la superstition.
et formaliste de Rome, ne pouvait suffire aux besoins nouveaux de la conscience et du cœur. Les Ëleusinies, demeurant exclusivement athéniennes , restèrent fermées à un grand nombre d'âmes avides de consolations et d'espérances; celles-ci se rejetèrent vers les cultes mystérieux de l'Asie et de l'Egypte , et apaisèrent leur soif aux eaux de l'Oronte et du Nil. Je ne puis me jeter incidemment dans une question aussi vaste*. Je rappelle seulement que Juvénal trouve une source inépuisable de lamentations ou de plaisanteries dans les détails de ces cultes dont le savant auteur de la Mythologie t^omaine a dit sévèrement qu'ils n'avaient apporté ni enseignement ni consolation'. On peut, je crois, répondre au satirique que la chiromancie n'est pas plus ridicule que les sorts de Préneste, et que les astrologues chaldéens ne le cèdent en rien aux haruspices toscans et aux augures dont Ennius et Cicéron avaient fait rire depuis longtemps. Quant au reproche de sécheresse et d'absurdité adressé aux religions qui prirent dans le monde romain un développement si puissant et si rapide, il tombe devant ie fait même de ce développement dont, sans douie, on ne voudra pas faire honneur à la sotte crédulité des adeptes ou au charlatanisme audacieux des prêtres, et qui demeurerait inexplicable si Ton n'admettait que ces religions ouvraient quelques vues larges et élevées à ceux qui les embrassaient avec tant d'ardeur. Et, en effet, si nous mettons à part le culte bizarre et peu connu de la Déesse phrygienne et celui de Sabazius qui s'y rattachait^, il est certain que les religions monothéistes de Sérapis et de Mithra, qui comptent alors le plus grand nombre d'adhérents, sont fort supérieures à l'ancien polythéisme, au point de vue logique. Au point de vue moral, la première nous donne dans le 125* chapitre du Rituel Funéraire* les préceptes les plus élevés et les plus purs qu'ait jamais enseignés aucune école philosophique, et la deuxième, au témoignagemêmedesPères, offrait dans ses dogmes et dans ses cérémonies plusieurs points communs avec le christianisme. Que cette coïncidence soit fortuite ou vienne d'un em-
1. V. l'intéressant ouvrage de M. A. Boissier, La Rdigion romaitui d'Au^ gtute aux Antonins.