Ep. famU., XIV
). Nuptiae sunt conjunctio maris et feminae, consortium omnis vitae, divini et humani juriscommunicatio. Dig,, XXIII, 2.
de l'Aventin et mangé Tolive de la Sabine^ L'ancienneté de la jEamille, l'origine romaine ou italique perdaient beaucoup de leur prestige sous le règne de Trajan , homme nouveau, né dans une province assez éloignée, et parvenu au rang suprême en franchissant successivement tous les échelons delà hiérarchie sociale. Cette hiérarchie, sans doute, consacrait encore plusieurs classes dans l'état, mais ces classes ne sont plus rigoureusement fermées comme autrefois : elles ne sont constituées que par des différences dans la richesse, et les fortunes se faisaient et se défaisaient alors avec une rapidité que plusieurs trouvaient scandaleuse, mais qui facilitait le nivellement de toutes les conditions et le mélange de toutes les couches sociales. Quelques différences dans le costume, et des places marquées au théâtre , voilà ce qui reste à Tordre sénatorial et à l'ordre équestre de leurs antiques privilèges. Entre les riches et les pauvres il n'y a plus, comme jadis, un abîme infiranchissable et un contraste démoralisateur : une grande aisance régnait dans la classe moyenne, active et éclairée, grandissant en nombre sous l'influence des progrès successifs de Tindustrie et de la richesse. Elle s'augmentait de tout ce que perdait l'esclavage, car le travail commençait à devenir libre. Sur plusieurs points, les sources de l'esclavage étaient directement atteintes ; la pacification générale fermait la source la plus abondante du recrutement servile, une police plus active restreignait la piraterie et la traite à l'intérieur , enfin la loi diminuait le nombre des malheureux condamnés à la servitude par leur naissance même. D'autre part, les affranchissements inspirés tantôt par la vanité, tantôt par l'intérêt bien entendu, devenaient plus fréquents et la jurisprudence, réagissant contre la politique d'Auguste, tendait comme nous l'avons vu à les faciliter. Aussi voit-on, dès le commencement du ii® siècle, le nombre des travailleurs libres gagner sur celui des travailleurs esclaves dans toutes les branches de l'activité productrice, à la ville comme à la campagne, au service de l'Etat comme dans les maisons particulières *. Chaque jour le mouvement se dessinait davantage et se régularisait en s'accélérant : il semblait que l'abolition de l'esclavage, réservée à un temps bien éloigné, allait s'effectuer sous l'action des causes profondes et puissantes qui transformaient l'ancien monde. Malheureusement, aVant que cette évolution fut terminée, le travailleur, affranchi d'hier,
1. Usque adeo nihil est quod nostrainfantia coelum Hausit Aventini, bacca nutrita Sabina. (Juven. Sat,, III, S3.)