Ad Rom,, I. s
2. Les deux inscriptions chrétiennes datées des années 107 et 110 ont été trouvées dans le cimetière de Lucine (Rossi, Inser. Christ. Aniiq., n** 2 et 3). L'architecture des cimetières du Vatican, de Lucine, de Processus et Martinus, de sainte Agnès, de Flavia Domitilla indique, aussi bien que le style des peintures qui les décorent et les noms des personnages qui y furent inhumés, un âge très- voisin des temps apostoliques (Bossi, Roma SotL, I, 184-194).
Les premiers évêques de Rome furent enterrés dans le cimetière du Vatican (Rossi, ibid., 198). Une salle souterraine, décorée de peintures et de stucs qui peuvent remonter au second siècle, et qui forme rétage inférieur de la basilique de Saint-Clément, a peut-être servi à la célébration du culte chrétien. On l'appelle Oratoire de Saint-Clément {Rev, Ârch.j nouv. série, XXIV, 1872, août).
3. A Euménie de Phrygie, le collège des chrétiens s'appelait xotvàv tûv &5eX9â>v. Corp. Inscr. Gr., l\, 9266.
les enseignements du Sauveur, etilsserattachèrentétroitement aux pratiques de la loi mosaïque, dont ils ne s'étaient jamais affi*anchis complètement. Telle fut l'origine de la secte des Ebionites, qui tout en regardant Jésus comme le Messie, refusait d'admettre sa divinité*. D'autre part, chaque église d'Asie s'était vue, à peine fondée, assaillie et circonvenue par le gnosticisme. Sans doute la phase brillante de cette théosophie est postérieure au règne de Trajan, puisque c'est de 120 à 140 que Saturnin et Basilides professèrent leur doctrine et formèrent les disciples dont la réputation devait un jour effacer celle des maîtres. A l'époque où nous sommes, les grandes lignes du gnosticisme n'étaient pas encore arrêtées ; les questions sont cependant déjà posées et agitées par des esprits hardis, Cérinthe, Dosithée, Ménandre, qui exercent une séduction dangereuse sur des âmes encore mal affermies dans lafoi nouvelle. Le quatrième évangile est à la fois un avertissement et un préservatif contre les tendances de ces docteurs, et les lettres d'Ignace marquent une continuation du même effort pour soutenir les défaillances et maintenir l'intégrité de la croyance chrétienne*.
A la même époque, suivant Origène et Epiphane, commencèrent à se montrer les Elxaïtes^. Par eux se consomma l'union des gnostiques avec les communautés chrétiennes encore engagées dans le judaïsme et déjà en lutte avec l'église apostolique. Leurs tendances dissidentes, fortifiées par le secours inattendu de la philosophie orientale, se prononcèrent nettement et caractérisèrent des sectes désormais bien déterminées. Mais les hérésies alors dominantes et contre lesquelles Ignace multiplie ses avertissements, sont celle des Ebionites dont nous avons dit quelques mots, et celle des Docètes, qui ne reconnaissaient dans la personne du Sauveur que la nature divine, et, pour sauvegarder le principe de l'immatérialité de Dieu, expliquaient par la supposition d'un corps apparent les faits de l'incarnation et de la mort de Jésus- Christ. Contre les premiers, l'évêque d'Antioche défend la divinité du Christ ^, et contre les seconds, son humanité'^. Les difficultés