‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 259 sur 327 · Paneg · texte numérisé non relu

Paneg

commencement de son règne S ne tarda pas à les faire revenir, car il partageait à leur égard le goût général et très-vif des Romains*.

Les pièces de Sénèque nous donnent une idée des tragédies de cabinet, qui furent composées sous Trajan. Ce n'était, comme on le sait, qu'un étalage de sentiments déclamatoires et d'invectives politiques. Après Sénèque, on ne sait guère des auteurs tragiques que leurs noms, sauf pour Curiatius Maternus dont plusieurs tragédies nous sont, grâce à Tacite, connues au moins par leurs titres; dans Médée, dans Thyeste, et aussi dans quelques sujets romains : Domitius, Coton, Néron il fit tenir à ses personnages un langage hardi qu'il paya de sa tête ^. Après lui on trouve cités dans Martial un Canius Rufus, un Yarron, un Scaeva Memor, firère de Turnus le Satirique ^ auxquels l'histoire littéraire ne donne pas de successeurs. Quand on songe & ce qu'était cette tragédie, on conçoit que la satisfaction générale qui régna pendant la période Antonine ait mis fin à cette forme d'opposition politique et enlevé toute raison d'être à ces pamphlets versifiés.

La comédie offre également deux groupes de pièces composées les unes en vue de la scène, les autres pour la lecture. A la scène règne presqu'exclusivement et régnera jusqu'à la fin de l'empire la mime qui conserve son caractère agressif et ofire toujours aux Romains un vif attrait par son mélange de grossièreté et d'élégance. Latinus, PanniculusetThymele étaient alors les meilleurs interprètes de ce genre dramatique^. Un passage de la vie de Domitien, dans Suétone®, donne lieu de croire que les atel^ lanes étaient encore représentées à la fin du i*' siècle. Pour les lettrés, Yirginius Romanus continuait à écrire des comédies imitées de Ménandre '^ et des autres auteurs de la nou^ velle comédie athénienne, des pcUliatœ, qui ne pouvaient plus être, comme on l'a très-bien senti, que d'ingénieuses et élégantes redites^; toutefois cet exercice littéraire se prolongea jusqu'au siècle suivant comme en témoigne l'inscription tumulaire de Pomponius Bassulus, lequel mit fin à ses jours sous le règne

t. Ibid.

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