Patin. Eiude$ swr la poésie latine, II
d'Elagabale ^ Virginius, dans sa lutte contre les modèles grecs, prit aussi pour modèle Aristophane, c'est-à-dire que dans les compositions qu'il lisait à un petit cercle d'intimes, il eut l'audace de nommer des personnages vivants. On peut affirmer que la satire, tempérée d'éloges, que Pline entendit avec tant de plaisir, ne touchait pas à la politique et ne rappelait que de très-loin les libertés du théâtre athénien.
Le temps n'a pas épargné les œuvres lyriques composées par les successeurs d'Horace. Quintilien en a fait un bel éloge ', mais il a dit aussi que les lettres romaines avaient beaucoup perdu à la mort de Valerius Flaccus ^, et un tel jugement, sur un tel poète, décèle une bienveillance qui s'étendait probablement à tous les. contemporains et qui est bien propre à modérer les regrets que pourrait exciter la perte de leurs ouvrages. D'ailleurs, deux Silves de Stace^ nous donnent une idée sans doute assez exacte des compositions disparues de Saturninus, de Spurina, d'Âugurinus, de Paulus, de Serenus, de Stella*^. Ces silves ressemblent plutôt à des exercices de versification sur les mètres alcaïque et sapphique qu'à des œuvres réellement inspirées par des sentiments dont ces formes eussent été l'expression naturelle et nécessaire. Le Pervigilium VeneHs, ce petit poème composé dans le même temps et dont P. Ânnaeus Florus est vraisemblablement l'auteur, offre une profusion de couleurs qui éblouit à la première lecture et qui passait sans doute au u^ sié^^le pour le produit d'une imagination riche et puissante ; nous n'y voyons aujourd'hui qu'une œuvre firoide et laborieusement composée. h&& Silves y qu'on peut ranger dans la classe des œuvres lyriques, puisque plusieurs ofi&*ent une évidente imitation d'Horace, fatiguent et ennuient par l'abus de la mythologie et l'emploi, naïvement étalé, de toutes les ressources éprouvées et connues de l'industrie poétique. Ici encore rien d'inspiré ni de vivant : tout sent l'artifice et la manière. Seuls les hendécasyllabes de l'époque montrent une verve facile, et ont pu distraire et intéresser des lecteurs de toutes les classes; comme Sidoine Apollinaire range sur la même ligne les petits vers de Martial, ceux de Serenus et ceux de Stella ®, on peut admettre que ces trois poètes avaient un mérite à peu près égal,