Egger. Examen des historiens d* Auguste. Appendice I
3. Pline, Ep,, I. 16, admire beaucoup les Condones que son ami Pompeius Saturninus mêlait à ses récits historiques. Pour la formation de recueils de discours fictifs, v. Suétone, Domit^ 10.
4. Orose. Hist, Vil, 10. — 5. Bgger. Mémoires d'histoire aneienne, p. 303.
titude dans la chronologies et il se montre si peu soucieux d'indications géographiques un peu précises qu'il ne nonune pas les lieux où se sont livrées des batailles dont il raconte les péripéties'. Cependant il serait injuste de ne voir dans les historiens du second siècle que des rhéteurs ou des artistes. Ils prirent de l'histoire une idée plus élevée que celle qu'en avait donnée Quintilien, et ils la regardèrent comme le mode le plus efficace de l'enseignement moral ^ et conune une sanction définitive des gloires ou des flétrissures prononcées par les contemporains ^. Thucydide et Polybe, qui l'ont considérée conune la science sociale par excellence, chargée de recueillir les faits pour fournir à la politique une base expérimentale, s'en faisaient sans doute une idée plus haute et plus juste. Notre siècle, qui n'assigne plus à l'histoire d'autre but que l'histoire elle-même, ni d'autre tâche que de faire revivre aussi fidèlement que possible les honunes qui furent avant nous, et auxquels nous relie une solidarité chaque jour mieux sentie, notre siècle s'est placé à un point de vue plus large encore, et duquel la théorie de Plutarque et de Tacite nous paraît insuffisante et mesquine. Mais qui ne sent combien cette théorie dépasse celle de Quintilien? Sa conception seule est déjà un retour aux vraies conditions du genre historique. En dressant un tribunal du haut duquel il jugerait les faits et les personnages qu'il évoque, l'historien s'engageait, en effet, à se montrer strictement impartial , et la recherche de la vérité devenaitle premierde ses devoirs. Tacite le comprit : s'il se mit à l'œuvre, ce fut pour rétablir la vérité que l'adulation ou la haine avaient altérée ^, et il la poursuivit avec une entière bonne foi^. Nous avons relevé plusieurs fautes où l'entraînèrent des défauts de méthode et des préjugés littéraires communs à tous les écrivains de l'époque, et dont le génie le plus puissant et le plus original ne pouvait complètement s'affranchir. Mais ces faiblesses de l'esprit n'ont pas gagné son
t. ViedeSolon. G. 27.
2. Vie d'Artaxerce : il ne nomme pas Gunaxa. Il était incapable de rapporter un mois macédonien au mois athénien correspondant (Prêret, Mém. de l'Acad. des InseripU XXVII, 141).