Dion, un
4. Tacite a senti (Hist.y 1, 4) qu'il fallait montrer comment les événements se rattachent à leurs causes ; mais il ne dit pas que cet enchaînement puisse servir de base à une prévision rationnelle de l'avenir.
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De plus les écrivains du second siècle, entraînés dans une évolution dont ils ne connaissaient ni la marche ni rimportanoe, ne pouvaient émettre des vues d'ensemble comme le firent Tite- Live, quand se fermait une période nettement définie de l'histoire, ou Paul Orose, au moment où la civilisation antique allait disparaître en laissant la place à un ordre de choses tout nouveau. L'histoire devenait donc nécessairement psychologique et dès lors se trouvait amenée à recueillir les petits faits et les détails familiers dans lesquels se dévoilent les passions et les caractères. Plutarque les a ramassés avec bonheur et racontés sans scrupules, attendu qu'il n'écrivait ses biographies des honunes célèbres que pour son plaisir et celui de quelques amis ; mais Tacite ne se consolait pas de traiter des sujets que ses prédécesseurs auraient trouvés mesquins ; il exprime plusieurs fois à ce propos son embarras et ses craintes*. Vaines en ce qui concerne la gloire de Tacite lui-même, ces craintes n'étaient pas sans fondement à l'égard des destinées de l'art qu'il avait porté si haut, car Suétone allait montrer bientôt à quoi se réduit l'histoire psychologique traitée par un esprit ordinaire et laborieux, recueillant les petits faits sans les choisir ni les ordonner.
l. Ann., IV, 32. XIII, 31.